17.07.2012 à 06:54

Affaire Trayvon MartinUne femme dit avoir été agressée par George Zimmerman

Une femme a indiqué aux autorités américaines avoir été agressée sexuellement durant 10 ans lorsqu'elle était enfant par George Zimmerman, poursuivi pour le meurtre Trayvon Martin.

L'avocat de George Zimmerman, Mark O'Mara.

L'avocat de George Zimmerman, Mark O'Mara.

Keystone

Identifiée comme «témoin n°9», cette femme a raconté aux enquêteurs que des attouchements avaient commencé dès l'âge de six ans, jusqu'à ses 16 ans.

Elle a aussi fait part de préjugés racistes de George Zimmerman et a dit lors d'un entretien avec les enquêteurs avoir contacté la police après le crime, ayant «peur qu'il (Zimmerman) pourrait avoir fait quelque chose parce que le jeune était noir».

Attouchements

Elle décrit, dans cette nouvelle série de documents judiciaires, ce qu'elle aurait vécu il y a plus de dix ans. «Il mettait ses mains sous ma culotte, sous mes sous-vêtements», a affirmé la jeune femme. Elle a ajouté que ces comportements se produisaient à chaque fois que sa famille rendait visite à celle de Zimmerman, dont elle est la cousine.

L'avocat de l'accusé, Mark O'Mara, pour qui ces révélations vont rendre la tâche plus difficile, a réagi dans un communiqué lundi où il promet que des «révélations réciproques seront effectuées en ce qui concerne les déclarations du 'témoin n°9'».

«Dans ses déclarations, le témoin n°9, qui est la cousine de George Zimmerman, prétend que George Zimmerman l'a touchée de manière inappropriée, commençant quand elle avait six ans et George Zimmerman presque huit ans, et que cela s'est reproduit à plusieurs occasions jusqu'à ses 16 ans quand George Zimmerman en avait 17», confirme Mark O'Mara dans son communiqué.

Soupçons de racisme

L'avocat avait déposé une requête devant le tribunal afin d'empêcher la publication de ce témoignage, mais pour des raisons administratives, sa demande n'est pas arrivée à temps.

Sa demande de non-divulgation évoquait «un risque important» de «publicité hostile» auprès de l'opinion qui «affecterait considérablement les droits à un procès équitable pour l'accusé». Depuis le meurtre de l'adolescent non armé de 17 ans le 26 février à Sanford, en Floride (sud-est), cette affaire a suscité un fort émoi aux Etats-Unis, surtout au sein de la communauté noire.

La jeune femme explique pourquoi, dans les documents publiés, elle soupçonne son cousin de racisme: sa famille, d'origine américano-péruvienne, «n'aime pas les Noirs s'ils ne se comportent pas comme les Blancs», affirme-t-elle, précisant toutefois n'avoir jamais vu Zimmerman agir de façon hostile à l'égard d'un Noir.

L'accusé a plaidé non coupable et dit avoir agi simplement par légitime défense. Poursuivi pour meurtre, il encourt la prison à vie. Agé de 28 ans, il est actuellement en liberté conditionnelle.

La révélation de ce témoignage intervient le jour même de la publication d'un sondage Tampa Bay Times/Miami Heraldmontrant que 44% des électeurs de Floride estiment que Zimmerman a agi par légitime défense, tandis que 40% pensent le contraire, et 16% doutent encore. Parmi les Hispaniques interrogés, 52% défendent l'argument avancé par Zimmerman, suivis par 50% de Blancs.

(AFP)

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