Espagne: Une femme favorite pour succéder à Sanchez

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EspagneUne femme favorite pour succéder à Sanchez

Après la démission du chef des socialistes, Susana Diaz pourrait diriger la formation et décider de l'attitude à adopter face à Rajoy.

Susana Diaz préside l'exécutif régional andalou.

Susana Diaz préside l'exécutif régional andalou.

Archives, Reuters

Après la démission samedi du secrétaire général du Parti socialiste espagnol (PSOE), la présidente de l'exécutif régional d'Andalousie, Susana Diaz, émerge comme favorite pour lui succéder et mettre fin à neuf mois de blocage politique.

Elle serait la première femme à la tête d'un grand parti. Toutefois, si le PSOE, en pleine crise, reste très divisé, la base semble être fidèle au démissionnaire Pedro Sanchez.

Si elle accédait à la tête du PSOE, Susana Diaz serait la première femme à diriger le parti depuis sa fondation il y a 137 ans. Selon plusieurs sources socialistes, elle est l'instigatrice du mouvement des frondeurs qui a déposé samedi la motion gagnante proposant de remplacer sans délai le secrétaire général du parti, Pedro Sanchez.

Débats pendant dix heures

Les quelque 300 membres du comité fédéral du PSOE, qui fonctionne comme une sorte de parlement, s'étaient réunis à huis clos à Madrid. Les débats, houleux, ont duré dix heures. La ligne de Pedro Sanchez, qui proposait - convaincu d'être soutenu par une majorité des adhérents - l'organisation de primaires le 23 octobre, a été mise en minorité. La motion déposée par les frondeurs pour le remplacer sans délai a été adoptée par 132 voix contre 107.

«J'ai toujours pensé que le Parti socialiste devait être porteur d'une alternance. Malheureusement, cela n'est pas possible. Je présente ma démission», a réagi samedi soir tard Pedro Sanchez, qui dirigeait le parti depuis 2014, selon une source dans son entourage.

Trancher le dilemme

L'Espagne est depuis neuf mois dans l'impasse politique. Les élections législatives de décembre, puis de juin, n'ont pas permis de dégager de majorité. Si elle accède à la direction du parti, Susana Diaz devra, comme son prédécesseur, trancher le dilemme sur l'attitude à adopter au parlement, où le président du gouvernement sortant, Mariano Rajoy, tente de former un gouvernement minoritaire du Parti populaire (PP), arrivé premier aux élections.

Si les députés socialistes s'abstiennent, Mariano Rajoy pourra le faire. Pedro Sanchez excluait fermement de permettre au chef de la droite conservatrice de se maintenir au pouvoir.

Un nouveau style plus pragmatique?

La présidente de l'exécutif régional d'Andalousie a dit être opposée à un gouvernement de droite. Ses partisans la jugent toutefois plus pragmatique que Pedro Sanchez, qu'ils estiment responsable par son intransigeance du recul du PSOE dans les urnes. Selon eux, elle est la seule capable d'unir le parti et de l'engager à accepter ce gouvernement minoritaire.

«Bien que je peine à voir une grande différence entre elle et Pedro Sanchez d'un point de vue idéologique, elle pourrait amener un nouveau style, une nouvelle manière d'exercer le pouvoir», juge l'analyste Antonio Barroso, de la société américaine Teneo Intelligence. «Elle prévoit probablement d'autoriser un gouvernement minoritaire en échange du départ de M. Rajoy», ajoute-t-il.

Consensus

En tant que présidente de la communauté autonome la plus peuplée d'Espagne, Susana Diaz a fait preuve d'un esprit de consensus. L'année dernière, après l'échec d'un vote local, elle a passé un accord de coalition avec le parti de centre-droit Ciudadanos en vue de former un gouvernement régional.

Ce type d'approche, susceptible de résoudre le blocage politique du pays, n'est toutefois pas du goût de nombre de militants socialistes. Ceux-ci jugent qu'offrir le pouvoir au PP constituerait une trahison et un suicide politique pour le PSOE et restent ainsi favorable à Pedro Sanchez.

Soutiens de poids

Susana Diaz endosse depuis trois ans un rôle politique de premier rang dans le paysage politique espagnol. Elle peut aujourd'hui compter sur des soutiens influents: Felipe Gonzalez, ex-président du Conseil et figure tutélaire du PSOE, la soutient, tout comme son successeur José Luis Rodríguez Zapatero, selon des sources socialistes. El Pais, quotidien qui dispose d'un certain crédit auprès des partisans socialistes, est aussi derrière elle.

Conformément à ses voeux, le parti va désormais être confié à une direction provisoire avant la tenue d'un congrès extraordinaire pour désigner le successeur de Pedro Sanchez.

(ats)

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