Actualisé 28.10.2019 à 04:45

Amérique latineUne femme pour la première fois maire de Bogota

La Colombie a connu dimanche les élections les plus pacifiques de ces dernières années. Claudia Lopez a été élue maire de Bogota.

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Les autorités colombiennes ont annoncé dimanche avoir déjoué un attentat contre le leader de l'ex-guérilla des FARC, Rodrigo Londoño. (Lundi 13 janvier 2020)

Les autorités colombiennes ont annoncé dimanche avoir déjoué un attentat contre le leader de l'ex-guérilla des FARC, Rodrigo Londoño. (Lundi 13 janvier 2020)

Keystone
La Colombie a connu dimanche les plus pacifiques de ces dernières années. Une femme devrait devenir maire de Bogota. (27 octobre 2019)

La Colombie a connu dimanche les plus pacifiques de ces dernières années. Une femme devrait devenir maire de Bogota. (27 octobre 2019)

AFP
La dissidence des Farc, a annoncé, dans une vidéo diffusée mercredi, la création d'un mouvement politique clandestin, suite à son soulèvement armé la semaine dernière. (4 septembre 2019)

La dissidence des Farc, a annoncé, dans une vidéo diffusée mercredi, la création d'un mouvement politique clandestin, suite à son soulèvement armé la semaine dernière. (4 septembre 2019)

AFP

Une femme, ouvertement lesbienne et symbole de la lutte anti-corruption en Colombie, a été pour la première fois élue maire de Bogota, lors d'un scrutin local qui s'est déroulé dans le calme, en dépit d'une campagne émaillée de violences. Par ailleurs, le parti issu de l'ex-guérilla Farc se présentait devant les urnes pour la deuxième fois depuis l'accord de paix de 2016.

Claudia Lopez, 49 ans, candidate de centre gauche, a été élue maire de la capitale colombienne, qui compte 7,2 millions d'habitants, à l'issue de ce scrutin visant à renouveler autorités municipales et départementales.

La capitale a voté pour que «nous nous libérions du machisme, du racisme, du classisme, de l'homophobie et de la xénophobie», a-t-elle déclaré dimanche soir sous les ovations de ses partisans.

Bien que favorable au processus de paix, Claudia Lopez avait cependant refusé toute alliance avec le parti Farc, en raison du passé violent des ex-guérilleros. Elle est le «symbole d'une grande ville, moderne, cosmopolite, ouverte», a déclaré à l'AFP Yann Basset, analyste de l'université du Rosario, estimant que «le vote indépendant, éloigné des partis traditionnels» l'a emporté dimanche.

Quelque 36,6 millions d'électeurs étaient appelés à désigner maires, gouverneurs de départements et assemblées locales parmi 116 428 candidats, dont 37% de femmes. Les nouveaux élus prendront leurs fonctions le 1er janvier.

Alors que le chef de l'État pâtit d'une forte impopularité (64% d'opinions défavorables en août), ces élections se sont traduites par un cuisant revers pour son parti, le Centre démocratique (CD), notamment dans son fief Medellin, ainsi qu'à Cali, deuxième et troisième villes du pays. «Nous avons perdu. Je reconnais la défaite avec humilité», a déclaré l'ex-président Alvaro Uribe, mentor d'Ivan Duque et chef du CD, qui est poursuivi en justice pour manipulation de témoins contre un opposant.

La campagne ayant été marquée par une forte violence dans 27% des municipalités, selon la Mission indépendante d'observation électorale (MOE), d'importantes forces armées avaient été déployées notamment dans les régions où opèrent encore des groupes illégaux et des narco-trafiquants. Mais «cela a été les élections les plus pacifiques de ces dernières années», a déclaré Juan Carlos Galindo, responsable national de l'organisation du scrutin, pour lequel la participation a avoisiné les 60%.

La MOE avait fait état de sept candidats assassinés, 88 menacés, 12 visés par des attentats et un enlevé, représentant la quasi totalité des partis, depuis la clôture des candidatures le 27 juillet. Au total 2065 candidats bénéficiaient d'une protection financée par le gouvernement. C'était par ailleurs la deuxième fois que se présentait devant les urnes le parti formé par l'ex-guérilla marxiste dissoute depuis l'accord signé le 24 novembre 2016.

Survie du parti Farc

Après les législatives de l'an dernier où elle n'a obtenu que 0,27% des voix, la Force alternative révolutionnaire commune (Farc) ne présentait que 308 candidats, la majorité comme conseillers municipaux, et seulement 18 à un mandat de maire. Dimanche, elle n'a remporté qu'une seule mairie, à Guapi (sud-ouest).

La Farc a plusieurs fois dénoncé le climat d'insécurité et fait état de 168 ex-guérilleros et proches d'anciens rebelles assassinés depuis le pacte de paix, qui a mis fin à plus de cinquante-deux ans de confrontation armée entre la guérilla et l'État colombien. Un ex-guérillero a pour sa part été élu à la tête de la municipalité de Turbaco (nord), mais comme candidat d'une alliance de partis de gauche excluant la Farc.

La corruption, qui se traduit par l'opacité du financement des campagnes, l'achat de votes ou les interférences de représentants du gouvernement, était un autre des enjeux du scrutin. La MOE a reçu au moins 898 signalements de possibles irrégularités dans 30 départements et 238 municipalités.

Si le pacte de 2016 a fait baisser l'intensité du conflit, la Colombie reste déchirée par une guerre interne de plus d'un demi-siècle, avec la présence de l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active, de dissidents des Farc qui ont refusé le pacte de paix et de gangs de narco-trafiquants.

Un ex-guérillero Farc élu maire pour la première fois

Connu comme «le chanteur des Farc» et aussi sous le nom de Julian Conrado, Guillermo Torres, 65 ans, a remporté la mairie de Turbaco, dans le département de Bolivar (nord), l'un des plus affectés par le conflit armé.

(AFP)

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