Justice: Une filiale de la SNCF mise en examen

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JusticeUne filiale de la SNCF mise en examen

Dans le cadre de l'enquête sur le déraillement mortel d'un TGV en 2015, Systra, une filiale de la SNCF, a été mise en examen.

Le 14 novembre 2015, onze personnes étaient décédées dans ce qui constitue le premier déraillement mortel dans l'histoire du TGV. (Photo d'archives)

Le 14 novembre 2015, onze personnes étaient décédées dans ce qui constitue le premier déraillement mortel dans l'histoire du TGV. (Photo d'archives)

AFP

L'enquête sur le déraillement d'un TGV ayant fait 11 morts le 14 novembre 2015 en Alsace vise désormais une entreprise de la galaxie SNCF. Sa filiale Systra, chargée des essais, a été mise en examen mardi pour «homicides et blessures involontaires».

La SNCF, qui sera elle-même convoquée mercredi, risque à son tour une mise en examen. Le 14 novembre 2015, onze personnes étaient décédées et 42 autres avaient été blessées dans ce qui constitue le premier déraillement mortel dans l'histoire du TGV depuis sa mise en service en 1981.

Le TGV, qui effectuait son dernier test sur le nouveau tronçon de la ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Strasbourg avait déraillé à l'entrée d'une courbe de raccordement sur la commune d'Eckwersheim (Bas-Rhin), à 20 km de Strasbourg avant de percuter un pont et de basculer dans la Marne.

Auditionnée sur deux journées par le juge d'instruction, la société Systra se voit reprocher des «blessures et homicides involontaires par maladresse, imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité», selon une source judiciaire. «Systra s'attachera à démontrer qu'elle n'a commis aucun délit», a réagi la société dans un communiqué.

Freinage trop tardif

Depuis deux ans, les juges spécialisés du pôle «Accidents collectifs» tentent d'établir les responsabilités pénales et de faire la lumière sur de possibles erreurs dans la mise en oeuvre de cet essai. Ils ont déjà mis en examen en octobre 2016 deux employés de la SNCF et d'un salarié de Systra, et des experts judiciaires ont été désignés. Le rapport remis en octobre à la justice est sévère pour la SNCF et sa filiale.

Dans leurs conclusions, ils confirment la thèse d'«un enclenchement trop tardif du freinage» par le conducteur, salarié de la SNCF, agissant sur consigne de son supérieur, le cadre traction. Pour les experts, c'est le résultat d'un ensemble de «lacunes et de mauvaises décisions ou d'absence de décisions», en particulier d'un «manque de rigueur dans l'organisation des essais» et d'une gestion insuffisante des risques.

(ats)

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