Sports d’«hiver» - Une fin de saison hivernale dans une neige de printemps

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Sports d’«hiver»Une fin de saison hivernale dans une neige de printemps

Les finales de Coupe du monde de skicross et de snowboardcross à Veysonnaz ont eu lieu sur une neige terriblement mouillée, en milieu d’après-midi qui plus est. Pas une bonne publicité.

par
Robin Carrel
(Veysonnaz)
La jolie arrivée en dessous du Tipi de Veysonnaz.

La jolie arrivée en dessous du Tipi de Veysonnaz.

DR

Il est bientôt 14h30, tout en haut du télécabine de Veysonnaz. Sur les terrasses, les visages rougissent pas mal à cause de (grâce à?) l'apéro qui se prolonge. Mais aussi et surtout parce qu'il fait une température positive et que le soleil tape fort. Le thermomètre indique deux degrés. Pour le ressenti, multipliez ce chiffre par six ou sept. La neige souffre, les peaux britanniques aussi.

Le problème, c'est que les finales de snowboardcross et de skicross portent bien leur nom: c'est la fin de la saison de la Coupe du monde, débutée par des pré-olympiques dans le frigo de Zhangjiakou à la fin novembre, avant le retour en Europe, à Val Thorens, dont la station est sise à plus de 2300 mètres d'altitude.

Ici, au bord de la Piste de l'Ours, vers la fameux Tipi, on est à près de 2000 mètres, mais rien n'y fait. La neige, en milieu d'après-midi, se distribue en parts de pizza.

Comme aux JO, il a fallu sortir les gros canons pour redescendre en station.

Comme aux JO, il a fallu sortir les gros canons pour redescendre en station.

DR

«Les conditions de neige étaient vraiment difficiles, a regretté le Vaudois Romain Détraz, après son élimination en quart de finale du skicross, samedi. Il y a une ligne idéale et, dès qu'on en sort, dans les virages relevés notamment, ça nous freine totalement et on perd toute notre vitesse. Du coup, c'est vraiment très difficile de dépasser et ça donne des courses où tout, ou presque, se joue au départ. J'espère que la prochaine fois on aura de meilleures conditions pour des courses chez nous, en Suisse.»

De l'avis de plusieurs skieurs et snowboardeurs, ce week-end - et Dieu sait que les organisateurs, accompagnés de «civilistes» et de militaires ont fait du gros et bon boulot -, suivre le leader de la série était un calvaire. Les viennent-ensuite recevaient de la grosse neige sur tout le corps, en plus de ne pas pouvoir doubler. C'est le prix à payer pour pouvoir être télévisé en direct, selon les volontés de la Fédération internationale de ski, qui met en vitrine ses finales de ski alpin de Courchevel et Méribel de 9 heures à 14 heures, quand il y a encore une petite chance que la neige soit gelée. Ce qui, en 2022 à quelques jours du début du printemps, ne risque plus trop d'arriver dans la vieille Europe.

On s'était gaussé des pistes entièrement enneigées artificiellement lors des Jeux olympiques de Pékin, mais force est de constater que la tableau n'est pas beaucoup plus reluisant dans nos Alpes. L'état des «pistes» pour rejoindre les diverses stations alpines lors de ces derniers jours d'hiver parlent de lui-même. Sans canon, pas de retour en station! Dire qu’«on ne va pas vers le beau» serait ainsi assez juste, au sens figuré bien plus qu'au sens propre.

Bon, c'est vrai, on est encore loin des températures de plus de près de quarante degrés (!) supérieures à la normale en Antarctique, qui est actuellement à son extension la plus faible depuis le début de l'ère satellitaire (1979)... Mais avec le changement climatique global, la FIS va sans doute devoir revoir deux ou trois choses dans ses calendriers et dans sa manière de programmer ses épreuves. Pour le bien des athlètes et la régularité des compétitions.

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