Football: «Une formule pertinente à 12, c'est compliqué»
Publié

Football«Une formule pertinente à 12, c'est compliqué»

Alexandre Rey, l'ancien buteur de Sion, Servette et Xamax, se penche sur la décision des clubs de ne pas modifier le format de la Super League.

par
Sport-Center
Alexandre Rey, en 2005, sous les couleurs de Xamax.

Alexandre Rey, en 2005, sous les couleurs de Xamax.

Keystone

Alexandre, une Super League à dix, ça vous évoque quoi?

Ça dépend de quel œil on observe cette décision. Sportivement, je pense que les spectateurs n'ont pas trop à se plaindre. Avec une lutte à trois voire quatre équipes en haut de tableau, une bataille qui concerne autant de clubs en bas, on vit une saison franchement plaisante. C'est la garantie du format à dix équipes, d'ailleurs: il se passe presque toujours quelque chose.

Mais...

Mais cette réalité est rendue possible au détriment de la sérénité économique des clubs. On doit être l'un des championnats, voire le championnat, où les équipes se retrouvent le plus en danger de relégation. 20% d'entre elles tomberont potentiellement à la fin de la saison. C'est énorme. Beaucoup de discussions ont lieu autour de ce barrage depuis longtemps, sans qu'une formule idéale n'ait vraiment pu être trouvée pour l'instant.

Comme souvent dans ces cas-là, où les zones d'ombre sont nombreuses au moment du vote, le statu quo l'a emporté.

Ce n'est pas une surprise. La première motivation des clubs, c'était la renégociation des droits TV. En gardant la formule intacte, on sait où on va et ce qu'on propose. Et quelque part, peut-être aussi que les clubs ont préféré se partager le gâteau à dix plutôt qu'à douze.

Reste qu'avoir deux équipes de plus en Super League aurait donné un peu d'air à tout le monde, non?

Au vu de l'évolution positive de bon nombre de clubs, assurément. Beaucoup d'équipes possèdent à présent un cadre et des infrastructures pour évoluer dans l'élite, ce qui n'était pas forcément le cas il y a quelques années.

Sauf que le modèle proposé n'a pas suffisamment séduit...

Voilà. Trouver une formule pertinente à douze, c'est compliqué. La dernière fois que ça a été le cas en Suisse, avant la création de la Super League et de la Challenge League, notre système était même carrément suicidaire. La plupart des clubs recrutaient à tour de bras en hiver pour tenter de sauver leur place. Le modèle à l'écossaise n'était pas optimal, mais dans un groupe à douze ou à quatorze, je ne sais pas s'il existe une formule idéale.

Florian Vaney

Votre opinion