Strasbourg: Une foule émue rend hommage aux victimes
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StrasbourgUne foule émue rend hommage aux victimes

Des centaines de personnes émues se sont réunies dimanche matin dans le centre de Strasbourg, pour un hommage aux victimes de l'attentat.

Un millier de personnes se sont recueillies dans le centre de Strasbourg en mémoire des victimes de la fusillade au marché de Noël. L'attaque a tué quatre personnes et en a blessé douze autres.

«On voulait être là pour montrer (...) qu'on continue de vivre, même si c'est difficile et c'est pesant», explique Jonathan, qui a été confiné dans son quartier du Neudorf, où a été pourchassé puis tué l'auteur présumé de l'attentat.

«On est aussi là pour les victimes, ça aurait pu être nous. On aurait pu être sur le marché de Noël», poursuit le jeune homme, venu avec deux amies sur la place Kléber, recouverte de neige, au centre de Strasbourg.

Larmes aux yeux

La plupart des personnes réunies au pied du gigantesque sapin illuminé de la place Kléber, emblématique du marché de Noël de Strasbourg, affichaient une grande émotion, beaucoup avec les larmes aux yeux.

Une photo de Kamal Naghchband, garagiste de 45 ans tué devant sa femme et ses enfants, était visible. L'attentat a fait quatre morts, une personne en état de mort cérébrale et onze blessés, dont certains encore dans un état grave.

Au milieu de la place, la statue du général Kléber a vu son socle devenir depuis plusieurs jours un mémorial improvisé empli de bougies, fleurs et messages aux victimes.

Minute de bruit

«C'est dur», lâche dans un souffle Laura, 55 ans. Elle est venue «pour réagir, pour dire qu'on résiste, que ce sont nos valeurs qu'on défend, des valeurs d'inclusion et pas de rejet, ni de xénophobie». Au bout de quelques mots, sa voix se serre et des larmes lui montent aux yeux.

Durant environ 50 minutes, la cérémonie a alterné chants, musique et lectures de texte. A la fin, une «minute de bruit», avec applaudissements et cris, a remplacé la traditionnelle minute de silence.

Un moment de bruit «après ces jours de silence, pour accompagner notre détermination à être Strasbourg, ensemble et solidaire», a expliqué Christine Panzer, présidente de l'association ASTU (Actions citoyennes interculturelles) et organisatrice. La foule a ensuite spontanément chanté La Marseillaise.

Foule au marché de Noël

Le maire de Strasbourg Roland Ries a estimé que «la présence samedi d'une foule extrêmement nombreuse dans les allées du marché de Noël a constitué une illustration de notre attachement à ce socle de valeurs sur lequel repose notre vivre-ensemble, que nous continuerons à défendre contre tous ceux qui veulent l'attaquer».

Fermé mercredi et jeudi, le marché de Noël de Strasbourg, qui attire chaque année des milliers de touristes, a rouvert vendredi. Samedi, la foule, même un peu moins compacte qu'auparavant, était effectivement de retour dans les allées de cabanons en bois vendant vin chaud, petits gâteaux et décorations de Noël.

Après la venue vendredi du président Emmanuel Macron pour un moment de recueillement place Kléber et sur le marché, c'est le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand qui s'est rendu samedi à Strasbourg avec sa famille. «Pour dire que, comme eux, je pense que malgré la douleur, malgré les épreuves, malgré le terrorisme, la vie doit continuer», a-t-il déclaré.

Gardes à vue levées

Mardi soir, Chérif Chekatt a pénétré dans le centre historique de Strasbourg, armé d'un pistolet et d'un couteau et a attaqué des passants à plusieurs endroits, avant de parvenir à s'enfuir. Après 48 heures de traque, il a été tué par des policiers jeudi soir dans une rue du quartier du Neudorf, au sud du centre-ville.

Dimanche, les gardes à vue de deux personnes proches du tueur ont été levées «en l'absence d'éléments incriminants» les concernant à ce stade, a indiqué le parquet. Celles de quatre membres de la famille avaient été levées samedi. Reste un membre de l'entourage de l'assaillant, qui était toujours entendu dimanche par les services antiterroristes.

(ats)

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