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Castel GandolfoUne foule en larmes pour l'ultime adieu du pape

Larmes et applaudissements d'une foule émue ont marqué jeudi l'adieu final de Benoît XVI depuis le balcon de sa résidence de Castel Gandolfo avant qu'il abandonne officiellement la papauté en début de soirée.

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Pope Emeritus Benedict XVI, center, meets cardinals during a special consistory with cardinals and bishops, in the Synod hall at the Vatican, Saturday, Feb. 14, 2015. Pope Francis is expanding the ranks of cardinals who will elect his successor to include pastors like him who minister to the poor and come from far-flung, often overlooked dioceses. Francis was formally elevating the 20 new cardinals at a ceremony Saturday in St. Peter's Basilica. Retired Pope Benedict XVI was expected to be on hand in a unique blending of popes past, present and future. (AP Photo/Andrew Medichini)

Pope Emeritus Benedict XVI, center, meets cardinals during a special consistory with cardinals and bishops, in the Synod hall at the Vatican, Saturday, Feb. 14, 2015. Pope Francis is expanding the ranks of cardinals who will elect his successor to include pastors like him who minister to the poor and come from far-flung, often overlooked dioceses. Francis was formally elevating the 20 new cardinals at a ceremony Saturday in St. Peter's Basilica. Retired Pope Benedict XVI was expected to be on hand in a unique blending of popes past, present and future. (AP Photo/Andrew Medichini)

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Benedict XVI salue la foule depuis sa résidence à Castel Gandolfo. (28 février)

Benedict XVI salue la foule depuis sa résidence à Castel Gandolfo. (28 février)

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L'hélicoptère venu transporter Benoît XVI pour l'amener à Castel Gandolfo survole le Vatican.

L'hélicoptère venu transporter Benoît XVI pour l'amener à Castel Gandolfo survole le Vatican.

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«Merci, merci pour votre amitié», a lancé le pape de 85 ans en tendant les bras vers la foule depuis le balcon qui domine la place principale du village où se trouve la résidence d'été des papes.

«Be-ne-det-to, Be-ne-det-to» (Benoît en italien), scandait la foule composée de prêtres, de pèlerins et de familles. Aux huit coups de 20h, sonnés par la cloche de l'église, les gardes suisses en faction devant le porche de la villa pontificale de Castel Gandolfo, au sud-est de Rome, ont levé le camp, fermant les lourds battants de la porte à grand fracas.

Deux membres de la gendarmerie vaticane ont pris le relais, vêtus d'un uniforme sombre contrastant avec la tenue chamarrée des gardes suisses. Le drapeau blanc et or du Vatican a été descendu, sous les applaudissements de la foule et les «Viva il papa».

Des heures d'attente

Une fois les portes fermées, des badauds ont pris la pose devant le portail pour des photos souvenir.

Les cloches de Castel Gandolfo avaient auparavant sonné à toute volée pour annoncer l'arrivée du pape, venu en hélicoptère directement du Vatican.

Les habitants de ce village pittoresque, à une trentaine de kilomètres de Rome, se sont rassemblés pour assister à la dernière apparition en tant que pape de Benoît XVI, qu'ils ont attendu patiemment pendant des heures dans le froid en priant et en chantant. «Tout s'est passé si vite. Quelle joie de l'avoir vu, mais quelle tristesse aussi de penser que c'était la dernière fois», confie Giuseppina, une serveuse de 23 ans, en essuyant une larme.

C'est du balcon de l'imposante façade de sa villa donnant sur le petite place du village que Benoît XVI a salué les habitants, habitués depuis des siècles à côtoyer les successeurs de Saint Pierre, séduits par la fraîcheur paisible de cette bourgade durant les torrides étés romains.

«Merci Benoît, nous sommes tous avec toi!»

«Cela signifie beaucoup pour nous que Benoît XVI ait choisi de faire ici ses ultimes adieux, c'est une journée très émouvante», confie Patrizia Gasperini, 40 ans, qui travaille dans une boutique de souvenirs à deux pas des portes de la villa.

«Nous avons eu le privilège de découvrir un aspect différent, plus humain, de sa personnalité au fil des années, et nous nous sommes attachés à lui», explique-t-elle, ajoutant que sa fille de 8 ans, baptisée Benedetta en l'honneur de Benoît XVI, lui a écrit une lettre d'adieu avec sa classe.

«Merci Benoît, nous sommes tous avec toi!» proclame une inscription en lettres argentées accrochée à côté de la petite église paroissiale, envahie par des hordes de journalistes.

Selon les résidents du village, Benoît XVI, qui passera ici les deux premiers mois de sa retraite, n'a pas attiré les foules de son charismatique prédécesseur.«Jean Paul II était une personne tellement chaleureuse, il attirait vraiment les jeunes. Benoît XVI est plus réservé, et moins de pèlerins sont venus ici pour le voir», remarque Simone Piloto.

Mais la décision du pape de renoncer au trône de Saint Pierre à 85 ans, après huit ans d'un pontificat tumultueux, a impressionné.

Un homme bon

«Nous avons découvert que derrière son aspect froid se cache un honnête homme. Il a parlé hier des eaux tourmentées de sa papauté et je crois que maintenant il devrait dire ce qu'il sait», estime Veronica Radoi, 30 ans, qui gère un petit restaurant.

Le centre aux ruelles pavées de Castel Gandolfo a toujours vécu en symbiose avec la résidence papale: les gardes suisses fréquentent les bars et restaurants locaux, tout comme le personnel à demeure de cette propriété de 55 hectares: jardiniers, agents d'entretien... Une proximité qui facilite les confidences et les rumeurs.

«Je suis née ici, j'ai vu cinq papes aller et venir, mais je ne m'attendais pas à en connaître un sixième», s'émerveille Marisa, 80 ans, qui attend sur une chaise au soleil devant sa maison le début des cérémonies.

«Benoît XVI est un homme bon, mais il a eu une papauté horrible et difficile», ajoute-t-elle en soupirant. Un fardeau qui a apparemment beaucoup pesé sur les frêles épaules du pape allemand: «Je l'ai trouvé très éprouvé et très fatigué», a confié la maire du village, Milvia Monachesi, à l'issue d'une brève rencontre avec Joseph Ratzinger.

(AFP)

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