Actualisé 23.04.2018 à 23:46

Une greffe de pénis et de scrotum réalisée aux USA

Historique

Pour la première fois, une greffe de pénis et de scrotum a été effectuée avec succès sur un vétéran.

une équipe de neuf chirurgiens esthétiques et deux chirurgiens urologues a opéré le patient.

une équipe de neuf chirurgiens esthétiques et deux chirurgiens urologues a opéré le patient.

Johns Hopkins University

La première greffe de pénis et de scrotum au monde a été pratiquée le mois dernier aux Etats-Unis sur un militaire américain blessé en Afghanistan, ont annoncé lundi des médecins de l'Université Johns Hopkins.

Des médecins ont par le passé réussi à greffer des pénis, mais cette transplantation d'un pénis et d'un scrotum représente une avancée médicale. Pendant 14 heures le 26 mars, une équipe de neuf chirurgiens esthétiques et deux chirurgiens urologues a opéré le patient, a indiqué l'université Johns Hopkins dans un communiqué. «Nous avons bon espoir que cette greffe aide à rétablir des fonctions sexuelles et urinaires presque normales chez ce jeune homme», a déclaré W.P. Andrew Lee, professeur et directeur du département de chirurgie plastique et reconstructrice à l'école de médecine de l'université.

«Une blessure stupéfiante»

Le pénis, le scrotum sans les testicules et une partie de la paroi abdominale venaient d'un donneur décédé. Le bénéficiaire a requis l'anonymat mais dans un bref communiqué, il a indiqué qu'il devait quitter l'hôpital la semaine prochaine. «C'est vraiment une blessure stupéfiante, pas facile à accepter», a-t-il dit. «Quand je me suis réveillé (après l'opération), je me suis enfin senti plus normal», a-t-il ajouté.

L'homme a perdu ses testicules dans l'explosion en Afghanistan mais les médecins ne lui en ont pas greffé de nouveaux pour des raisons d'éthique.

Questions éthiques

«Les testicules n'ont pas été greffés parce que nous avions pris la décision, en amont du programme, de ne pas greffer de tissu germinal, c'est à dire de ne pas transplanter de tissu qui produise du sperme parce que cela soulèverait un certain nombre de questions éthiques», a déclaré un chirurgien plastique de l'université Johns Hopkins, Damon Cooney.

Car «la capacité du bénéficiaire de la greffe à avoir des enfants résulterait en la transmission du matériel génétique du donneur (...) aux enfants de la personne greffée», a-t-il expliqué. «Et nous avons senti qu'il y aurait juste trop de questions éthiques sans réponse» si cela se produisait, a-t-il dit.

Les médecins disent avoir bon espoir que le patient puisse uriner avec son pénis dans les semaines à venir, et qu'il finisse par avoir assez de sensations pour parvenir à une érection. La prostate du patient n'a pas été touchée lors de l'explosion, mais ayant perdu ses testicules, il ne pourra plus éjaculer.

Afrique du Sud pionnière

L'étendue de ses fonctions sexuelles ne sera connue que d'ici six mois, selon les médecins.

La première greffe de pénis au monde avait été pratiquée en Chine en 2006, mais le bénéficiaire avait dû être de nouveau opéré pour le retirer en raison de «graves problèmes psychologiques» l'ayant affecté ainsi que son épouse.

Seules quatre greffes de pénis ont été effectuées avec succès dans le monde, en comptant celle annoncée lundi.

Deux ont été pratiquées en Afrique du Sud, pays où la première opération réussie de ce type a été effectuée en 2015. Les Etats-Unis ont suivi en 2016.

(AFP)

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