Suisse - Une hausse des salaires demandée après la crise du Covid
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SuisseUne hausse des salaires demandée après la crise du Covid

Plusieurs organisations revendiquent jeudi des salaires plus élevés en Suisse. L’hôtellerie-restauration a souffert du Covid, mais une hausse immédiate des salaires n’est pas envisagée.

Selon un représentant de la branche de l’hôtellerie-restauration, il sera difficile de voir une hausse immédiate des salaires dans ce secteur.

Selon un représentant de la branche de l’hôtellerie-restauration, il sera difficile de voir une hausse immédiate des salaires dans ce secteur.

24 Heures/Odile Meylan

Plusieurs organisations et syndicats font front commun ce jeudi pour revendiquer une hausse des salaires, l’an prochain, dans diverses branches. Travail.Suisse, l’association faîtière des salariés en Suisse, constate que l’évolution favorable de la pandémie en Suisse a déclenché une forte reprise économique. Dans un communiqué publié jeudi conjointement avec Syna, Hotel & Gastro Union et transfair, Travail.Suisse estime, en résumé, qu’une hausse des salaires permettra de participer à la reprise économique par le biais de l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés.

«Grâce au dévouement exceptionnel et à la grande flexibilité dont ils ont fait preuve, mais au prix des pertes de revenus qu’ils ont subies, les salariés ont aidé le pays à surmonter la crise, il est temps de les faire participer à la reprise en augmentant leurs salaires», demande Gabriel Fischer, le responsable de la politique économique chez Travail.Suisse, cité dans le communiqué de presse.

Différences selon les branches

La situation économique est favorable, notent les organisations, mais elle varie d’une branche et d’une entreprise à l’autre. Des revendications salariales générales ne sont pas indiquées, selon Travail.Suisse, et une vision différenciée s’impose plus que jamais.

La restauration-hôtellerie, par exemple, compte parmi les secteurs les plus atteints par les restrictions Covid. Mais il sera difficile de voir une hausse des salaires dans ce domaine, avertit un responsable. «Les augmentations de salaire seront rares ici. Nous ne pouvons qu’espérer que la branche sortira plus forte de la crise après l’assainissement structurel qui a lieu en ce moment, pour que graduellement, les salaires et les conditions de travail puissent s’améliorer», explique Urs Masshardt, le directeur d’Hotel & Gastro Union.

En revanche, le secteur de la construction est sorti largement indemne de la crise, et l’industrie a déjà en grande partie récupéré. Dans ces secteurs, des hausses de salaire sont possibles et nécessaires, selon Travail.Suisse. «Dans le domaine de la santé, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée est aiguë et les salaires stagnent trop depuis des années. Quant au commerce de détail, les salaires y sont chroniquement trop bas depuis longtemps», constate Mathias Regotz, le responsable de la politique d’intérêts et contractuelle au syndicat Syna. «Des augmentations salariales de 3 à 4% sont obligatoires dans ces secteurs», revendique M. Regotz.

Renforcer le service public

La crise a clairement montré «l’importance existentielle» des prestations fournies par le service public, ajoute Travail.Suisse. «Les coupes dans le service public sont à proscrire. Ce qu’il faut maintenant, c’est un renforcement et une meilleure reconnaissance par les milieux politiques», explique Albane Bochatay, responsable de la politique auprès du syndicat transfair. Et elle ajoute: «Pendant la crise, les salariés du service public ont fait preuve d’un dévouement exemplaire. Ils et elles méritent une plus grande reconnaissance, financière aussi, et des conditions de travail équitables».

Pour les mêmes raisons que celles invoquées ci-dessus, la Société des employés de commerce revendique elle aussi ce jeudi des augmentations salariales allant de 0,5% à 1,75% selon les secteurs pour l’année 2022. L’organisation demande aussi des hausses continues des salaires dans les secteurs à bas revenus. Dans ce segment «le montant des indemnités, en cas de réduction de l’horaire, est souvent trop faible pour conserver le niveau de vie habituel: 80% de peu, c’est insuffisant», affirme Caroline Schubiger, responsable Service Emploi et Conseil à la Société suisse des employés de commerce.

(Comm/JBA)

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