Football: Une horde de Salah au «Paradis du jambon»

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FootballUne horde de Salah au «Paradis du jambon»

Les fans anglais ont envahi les rues de Madrid, samedi avant la finale de la Champions League entre Tottenham et Liverpool. Ambiance.

par
Patrick Oberli
Madrid

Quoi de mieux qu'une place au nom d'un peintre surréaliste pour accueillir une veillée d'armes hors normes? C'est en effet sur la place Salvador Dali que les fans de Liverpool s'étaient donnés rendez-vous pour s'hydrater et se chauffer la voix avant d'en découdre avec leurs homologues de Tottenham dans le match des tribunes qui va faire trembler le Metropolitano Stadium.

Dès la fin de matinée, c'est un flot incessant de «Reds» que les bouches de la station de metro Goya. Dans le couloir, Carlos, la cinquantaine et qui ne parle pas un traître mot d'anglais, a compris la combine. Sur son petit orgue portatif, il joue alternativement «Let it be» et «Imagine», immanquablement repris en chœur par les groupes en mode «trans».

La sécurité est discrète, mais efficace. Et quand il faut, les «malabars» ne font pas de sentiment, comme avec cet ado qui s'est fait chouraver sa précieuse bouteille de whisky. Pas à cause du breuvage, non. Mais parce qu'elle était en verre. Le manque d'expérience probablement. Mais qu'importe. Il pourra se rattraper. Sur la place, les cannettes se portent par carton. Il y a toujours quelqu'un pour en dégoupiller une.

Les supporters sont la lumière du football, disait l'autre il y a quelques jours. Il ne peut pas savoir combien il a raison. Les supporters, les vrais, c'est la société, la vie. Sur la place Salvador Dali, le temps n'a plus de prise, les noms sur les maillots font défiler l'histoire du FC Liverpool. Il n'y a plus d'âge ni de sexe. Il n'y a plus de cravates ou de salopettes. Juste une passion commune qui se lit ou plus au fond des yeux et un amour immodéré de la bière. Ainsi que des scènes qui auraient inspiré le peintre, à coup sûr. Ce n'est en effet pas tous les jours que l'on voit une dizaine de Mohammed Salah, s'engouffrer dans le «Parador del Jamon» pour s'empiffrer de jambon cru du terroir. C'est vrai que pour tenir, jusqu'au bout de la nuit, il est nécessaire de prendre des vitamines, des vraies qui calent l'estomac. D'ailleurs, dans le quartier, les seuls qui font la grimace, ce sont les restaurants végétariens qui ne vendent pas d'alcool. Car leurs uniques clients sont ceux qui ont besoin de se rendre aux toilettes.

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