Actualisé 03.05.2018 à 17:53

SomalieUne infirmière du CICR enlevée par un collègue?

Une Allemande de la Croix-Rouge a été enlevée par des hommes armés, qui auraient bénéficié de complicités internes.

Les locaux du CICR à Mogadiscio.

Les locaux du CICR à Mogadiscio.

Keystone

Une infirmière allemande du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été enlevée mercredi soir dans les locaux de l'organisation à Mogadiscio par des hommes en armes. Ceux-ci ont bénéficié de complicités internes, selon les premiers éléments de l'enquête.

Selon la Croix-Rouge, l'attaque a eu lieu vers 20h00, lorsque des inconnus armés ont pénétré dans ses locaux à Mogadiscio. Le CICR a précisé être «en contact avec les autorités pour essayer d'obtenir sa libération».

Complicités internes

Des Somaliens travaillant pour le CICR à Mogadiscio ont indiqué que les ravisseurs avaient pénétré dans l'enceinte de l'ONG par une porte située à l'arrière et emmené de force l'infirmière dans un véhicule pré-positionné.

Selon le porte-parole du ministère de la Sécurité, les ravisseurs ont bénéficié de complicités en interne. «Elle a été enlevée par l'un des gardes de la propre sécurité du CICR à Mogadiscio», a déclaré Abdiaziz Ali Ibrahim. «Nous demandons à la famille du ravisseur de travailler avec les agences de sécurité et de leur dire où se trouve leur fils», a-t-il poursuivi. «Les forces de sécurité se sont mises à la poursuite des ravisseurs et ont trouvé une voiture abandonnée qui a été utilisée pour l'enlèvement», a-t-il précisé. On ignorait en l'état si les ravisseurs avaient quitté Mogadiscio ou s'ils s'y dissimulaient avec leur otage.

«Nous sommes profondément inquiets pour la sécurité de notre collègue», a déclaré dans un communiqué Daniel O'Malley, directeur adjoint du CICR pour la Somalie. «C'est une infirmière qui travaille tous les jours pour sauver des vies et soigner les gens les plus vulnérables en Somalie», a-t-il ajouté. Le CICR a indiqué être «en contact avec les autorités pour essayer d'obtenir sa libération».

2e attaque en une semaine

Cet enlèvement constitue la deuxième attaque en moins de deux semaines contre un employé du CICR.

Abdulhafid Yusuf Ibrahim, un Somalien qui travaillait pour l'organisation depuis cinq mois, a été tué le 25 mars dans l'explosion d'un engin piégé placé sous son véhicule alors qu'il quittait les locaux de l'organisation.

Jeudi, le CICR a fait évacuer deux ressortissants étrangers et plusieurs employés somaliens de ses locaux, selon un membre de l'équipe qui a souhaité conserver l'anonymat.

Menace des rapts

Les enlèvements d'étrangers, souvent travailleurs humanitaires ou journalistes, se sont raréfiés ces dernières années en Somalie, mais demeurent toujours une menace. Ils sont le plus souvent le fait de milices ou des islamistes radicaux shebab qui négocient leur libération contre d'importantes rançons, parfois au terme de plusieurs années de captivité.

Les shebab tentent depuis 2007 de renverser le fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les plus de 20'000 hommes de la force de l'Union africaine (Amisom). Les organisations humanitaires internationales, qui s'appuient dans leurs équipes sur de nombreux Somaliens, sont considérées par les shebab comme des soutiens du gouvernement fédéral.

(ats)

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