Une intelligence artificielle gagne un concours d’art

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Robot pour être vraiUne intelligence artificielle gagne un concours d’art

Un prix au Colorado a récompensé une œuvre faite (presque) entièrement par un ordinateur. Ce qui a déclenché une polémique.

par
Michel Pralong
Le tableau «Théâtre d’Opéra Spatial» qui a gagné le prix de l’œuvre numérique.

Le tableau «Théâtre d’Opéra Spatial» qui a gagné le prix de l’œuvre numérique.

Jason Allen

Le Colorado State Fair est une grande foire artistique annuelle qui récompense des œuvres dans diverses catégories. Le 29 août dernier, elle a remis le prix de la meilleure œuvre numérique à Jason Allen pour un tableau appelé «Théâtre d’Opéra Spatial» (en français). L’image est assez sensationnelle, mais l’attribution de ce prix a créé la polémique.

Car certes, les œuvres numériques sont censées être faites du moins en partie par ordinateur. Mais celle-ci a entièrement été conçue par une intelligence artificielle (IA). Enfin, presque entièrement. Jason Allen a en effet utilisé une IA appelée Midjourney qui peut générer des œuvres d’art ou à peu près n’importe quel type d’image synthétique à partir d’une simple ligne de texte, explique «ZME Science».

«La mort de l’art»

«Nous regardons la mort de l’art se dérouler sous nos yeux» s’est désolé quelqu’un sur Twitter tandis qu’un autre expliquait que «l’IA ne peut pas créer d’art, car tout ce qui est généré par une IA est entièrement dépourvu de messages, de thèmes et de sens. Il n’y a pas de transmission intentionnelle de la part de l’artiste».

Jason Allen, qui a remporté 300 dollars dans ce concours, a rétorqué qu’il lui avait fallu des heures pour trouver la bonne phrase qui générerait une image satisfaisante. On lui a répondu qu’il était peut-être derrière l’idée de base, mais que savoir dessiner est aussi essentiel pour être un artiste.

Voilà qui rappelle la fameuse toile peinte soi-disant par l’Italien Boronali et exposée en 1910 au Salon des indépendants à Paris. Sauf que ce tableau, baptisé «Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique» était un canular monté par Roland Dorgelès qui avait attaché un pinceau à la queue d’un âne à qui l’on donnait des carottes, ce qui le faisait frétiller. L’art est-il dans le résultat ou dans l’artiste?

«Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique» signé Boronali.

«Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique» signé Boronali.

Espace culturel Paul-Bédu

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