Actualisé 19.06.2016 à 09:48

Municipales en ItalieUne jeune avocate à l'assaut de Rome

Plus de neuf millions d'Italiens votaient dimanche pour le second tour d'élections municipales qui pourraient voir une jeune avocate remporter Rome.

Virginia Raggi est spécialisée en droits d'auteur, propriété intellectuelle et nouvelles technologies.

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Reuters

Dans les 126 communes concernées, dont Rome, Milan, Naples, Turin et Bologne, les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (05H00 GMT) et devaient fermer à 23H00 (21H00 GMT).

Avec 35% des voix au premier tour le 5 juin, Virginia Raggi, 37 ans, candidate du Mouvement 5 Etoiles (M5S - populiste) du comique Beppe Grillo, a 10 points d'avance sur Roberto Giachetti, soutenu par le Parti démocrate (PD, centre gauche) de M. Renzi.

«C'est très particulier aujourd'hui, on a enfin la chance d'avoir quelqu'un de nouveau qui pourra changer les choses. Tous les autres ont échoué, on espère qu'eux, ils y arriveront», a déclaré à l'AFP Aldo, un retraité de 72 ans, après avoir voté M5S dans une école primaire du Trastevere à Rome.

Le PD est aussi à la peine à Turin, où son maire sortant est également menacé par une jeune candidate du M5S, et surtout à Milan, la capitale économique du pays, où son candidat Giuseppe Sala (38,5%) est au coude à coude avec celui du centre droit, Stefano Parisi (38,4%).

Le duel gauche-droite se jouera aussi à Bologne, mais le parti de M. Renzi n'est même pas arrivé au second tour à Naples, où l'atypique maire de gauche Luigi De Magistris est bien parti pour remporter un nouveau mandat.

Renzi tente de limiter les enjeux

Une analyse nationale des résultats restera cependant délicate, le M5S étant absent à Naples, Bologne et Milan, la droite déchirée à Rome mais unie à Milan.

Depuis des semaines, M. Renzi tente d'ailleurs de minimiser la portée du scrutin en répétant que «la mère de toutes les batailles» politiques reste pour lui le référendum prévu en octobre sur sa réforme constitutionnelle, sur lequel il s'est engagé à démissionner en cas d'échec.

Le M5S y compte bien. Fondé en 2009 et devenu le deuxième parti du pays avec 25% des voix dès les législatives de 2013, il pioche dans ses propositions à droite comme à gauche, y compris dans les extrêmes, et continuer de tisser sa toile aux élections locales en s'appuyant toujours sur la dénonciation d'une classe politique malhonnête.

C'est ce discours que Mme Raggi a répété à l'envi pendant sa campagne, sans vraiment entrer dans les détails de son programme pour redresser une ville croulant sous une dette de 12 milliards d'euros ou présenter les têtes de sa future équipe.

Ce dernier point est pourtant crucial: l'absence de cadres ayant fait leurs gammes dans la gestion politique au quotidien est l'une des raisons du bilan mitigé du M5S dans les villes de moindre envergure déjà conquises, comme Parme ou Livourne.

Et alors que les «grillini» du M5S se présentent comme les chevaliers blancs de la politique, la presse a réservé un large écho depuis deux jours au fait que Mme Raggi n'a pas mentionné dans des documents administratifs une série de consultations pour un organisme public.

«Ce n'est que de la boue, ils ne savent plus à quoi s'attaquer. J'ai déjà clarifié, tout est déclaré et dans les règles», a-t-elle réagi.

Berlusconi, toujours hospitalisé

Mais au-delà de ces considérations, ce scrutin est «destiné à laisser une trace dans la politique italienne, à marquer une discontinuité et une possible rupture de système», a prévenu samedi dans un éditorial le directeur de La Repubblica, Mario Calabresi.

Avec le M5S, «on en arrive à choisir la fraîcheur et la sympathie, à considérer l'inexpérience comme la plus grande des valeurs. Et à l'associer à l'espérance», a-t-il estimé, comparant ses militants aux passagers prenant les commandes d'un avion pour protester contre les retards des vols et les avantages sociaux des pilotes.

En attendant, les principaux pilotes ont déserté le terrain. Pour les derniers meetings avant le «silence électoral» du week-end, M. Renzi était en voyage en Russie, M. Grillo aux abonnés absents et Matteo Salvini, l'omniprésent chef de la Ligue du Nord, anormalement discret.

Quant à Silvio Berlusconi, qui tente en vain de se maintenir à la tête du centre droit, il est toujours sur un lit d'hôpital après une opération à coeur ouvert.

(AFP)

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