02.10.2020 à 20:41

RussieUne journaliste s’immole par le feu devant le QG de la police

La responsable d’un journal critique envers Vladimir Poutine s’est tuée vendredi, après avoir publié un message prémonitoire sur Facebook: «Je vous demande de rendre responsable de ma mort la Fédération de Russie».

Irina Slavina rédactrice en chef 

Irina Slavina rédactrice en chef

KEYSTONE

La rédactrice en chef d’un site d’information russe indépendant est décédée vendredi après s’être immolée par le feu. Son geste faisait suite à une opération de police dans le cadre d’une enquête visant un mouvement d’opposition, a annoncé son site internet.

Le site d’information Koza.Press, basé dans la ville industrielle de Nijni Novgorod, a indiqué que sa rédactrice en chef Irina Slavina s’était immolée par le feu en face du quartier général de la police. Les enquêteurs de la police de la ville ont confirmé son décès, indiquant dans un communiqué que son corps avait été découvert «avec des signes de brûlures thermiques».

«Brûlures thermiques»

Ils ont affirmé qu’il n’y avait pas de «fondement» permettant d’établir un lien entre son décès et les raids de la police dans la mesure où elle n’était qu’un témoin dans le cadre d’une enquête.

La journaliste avait écrit sur Facebook quelques heures avant sa mort: «Je vous demande de rendre responsable de ma mort la Fédération de Russie». Une vidéo postée sur les réseaux sociaux la montrait s’immolant par le feu sur un banc.

Le site d’information d’Irina Slavina publiait des articles sur l’opposition au régime de Vladimir Poutine, une exception dans le journalisme régional soumis à des pressions exercées par les autorités, ont indiqué vendredi des amis et sympathisants. Le site est devenu inaccessible peu après l’annonce de la mort de la journaliste.

«Je n’ai rien»

Jeudi, Irina Slavina avait écrit sur les réseaux sociaux que la police et les forces de l’ordre fédérales avaient fait irruption dans son appartement aux premières heures de la matinée. Ils recherchaient des indices sur des liens avec Russie ouverte, un mouvement d’opposition fondé par l’ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovsky, devenu un opposant à Vladimir Poutine, et visé par les autorités.

«Je n’ai rien», avait souligné la journaliste, précisant que la police avait confisqué ses notes, son ordinateur, et les ordinateurs portables et téléphones lui appartenant et ceux de son mari et de sa fille.

(ATS/NXP)

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