Semi-confinement: Une librairie-papeterie, c’est à la fois ouvert et fermé!
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Semi-confinementUne librairie-papeterie, c’est à la fois ouvert et fermé!

Amoureuse des livres qu’elle vendait en rayon jusqu’à aujourd’hui, Danièle Brügger a installé des banderoles pour conduire ses clients directement à la papeterie.

par
Vincent Donzé
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La libraire Danièle Brügger est démoralisée dans sa librairie-papeterie du Pierre-Pertuis, à Tavannes.

La libraire Danièle Brügger est démoralisée dans sa librairie-papeterie du Pierre-Pertuis, à Tavannes.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Lundi, jour de fermeture, elle a cloisonné le secteur librairie.

Lundi, jour de fermeture, elle a cloisonné le secteur librairie.

Lematin.ch/Vincent Donzé
La moitié fermée générait l’essentiel du chiffre d’affaires.

La moitié fermée générait l’essentiel du chiffre d’affaires.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Une librairie-papeterie, c’est depuis lundi et jusqu’au 28 février un commerce ouvert d’un côté et fermé de l’autre, parfaite illustration d’une incompréhension qui, pour certains commerçants, frise le sentiment d’injustice. «Je suis déprimée», avoue Danièle Brügger (62 ans), libraire à Tavannes (BE).

Lundi, tandis que les bibliothèques restent ouvertes, Danièle Brügger a déroulé des banderoles pour guider ses clients vers la papeterie, sans les laisser fureter entre les livres. La papeterie restera ouverte et retirer un livre commandé restera possible, mais la libraire a inscrit ses deux employés au chômage. «Je reste hésitante pour les horaires», confie-t-elle.

De mercredi à samedi, après l’annonce de la fermeture des commerces jugés non essentiel, les clients de la librairie du Pierre-Pertuis se sont rués sur «Une Terre promise» de Barack Obama et «Dans la ville provisoire» de Bruno Pellegrino. Marcel Proust vit une seconde jeunesse à Tavannes, lui qui n’était plus lu que par des étudiants.

«Dans la morosité ambiante, les choses légères ont la cote», constate Danièle Brügger. Le coup de feu de la semaine dernière n’a fait qu’amplifier son ressenti, lundi: «Là, c’est moche. Je renvoie mes commandes aux distributeurs», lâche celle qui aime organiser des lectures.

Plumes à bec

«Un mois et demi sans client et ta trésorerie fout le camp», peste la libraire. Le secteur papeterie ne contribue que modestement à son chiffre d’affaires depuis que les entreprises et les communes ont tourné le dos au petit commerce. Seule lumière dans ce marasme: «Il ne me reste presque plus aucune plume à bec: les gens confinés se sont-ils remis aux échanges épistolaires?» s’interroge Danièle Brügger.

Après avoir investi son deuxième pilier dans son entreprise, la libraire veut résister coûte que coûte. Au fil de la rentrée littéraire, elle mettra en vitrine les auteurs dont on parle, en espérant recevoir des commandes. Mais il lui manquera l’essentiel: «Je ne pourrai pas parler des nouveautés avec mes clients. Place au click & collect…», déplore cette grande lectrice.

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