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MontréalUne marche ouvre le Forum social mondial

Entre 3'000 et 5'000 altermondialistes ont défilé mardi pour l'ouverture du Forum social mondial.

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Au Forum social mondial de Montréal, plusieurs ONG ont appelé à combattre les paradis fiscaux. (Mercredi 10 août 2016)

Au Forum social mondial de Montréal, plusieurs ONG ont appelé à combattre les paradis fiscaux. (Mercredi 10 août 2016)

AFP
Des milliers de militants altermondialistes ont défilé  dans le centre de Montréal pour donner le coup d'envoi du 12e Forum social mondial (FSM). (Mardi 9 août 2016)

Des milliers de militants altermondialistes ont défilé dans le centre de Montréal pour donner le coup d'envoi du 12e Forum social mondial (FSM). (Mardi 9 août 2016)

AFP
Le cortège était conduit par des représentants des peuples autochtones du Canada, au son des tambours et des chants traditionnels. (Mardi 9 août 2016)

Le cortège était conduit par des représentants des peuples autochtones du Canada, au son des tambours et des chants traditionnels. (Mardi 9 août 2016)

De 3 à 5'000 altermondialistes ont défilé mardi à Montréal pour l'ouverture du Forum social mondial (FSM) qui se tient pour la première fois dans un pays riche afin de dépasser la traditionnelle fracture nord-sud.

Parfois venus en famille ou en petits groupes réunis sous la bannière d'une association militante, les manifestants ont gagné la place des festivals où, pendant six jours, des ateliers débats vont se multiplier au gré des stands des organisations non gouvernementales (ONG).

«L'engagement c'est pour un changement de politique sociale» ont peint sur une bannière de jeunes participants dans le cortège coloré et bruyant, où un camion-sono diffuse des rythmes jamaïcains.

Dépasser la fracture nord-sud

Si au cours des grands rassemblements de Porto Alegre (sud du Brésil), où s'est tenu le premier Forum social mondial en 2001, les altermondialistes fustigeaient les pays riches, ils préfèrent maintenant s'attaquer à des problèmes communs aux sociétés comme les inégalités ou l'environnement en refusant le clivage nord-sud.

«Il faut dépasser la fracture entre le nord et le sud, (...) les inégalités sociales s'accroissent partout», explique Raphaël Canet, coordonnateur du FSM 2016.

Le militant brésilien Chico Whitaker, co-fondateur du FSM, convient de la nécessité de trouver des solutions face à des problèmes dans les pays émergents «vécus de la même manière dans les pays industrialisés».

Société civile animée

Si le FSM a pris ses quartiers à Montréal c'est en raison d'une société civile animée et militante, selon les organisateurs. De plus, avec 4% de la population canadienne, les Amérindiens, Inuits ou Métis trouvent une tribune de choix.

«Le Forum social mondial est un bon endroit pour porter notre message et c'est définitivement une opportunité que l'évènement soit ici au Canada», confie Jocelyn Lahtail, un responsable Algonquin venu en voisin de la capitale fédérale Ottawa.

Venue de Conakry, la Guinéenne Fatoumata Cherif, présidente de l'ONG Femmes, Pouvoir et Développement regrette la faible mobilisation d'un mouvement en manque de souffle. «Je ne vois pas beaucoup d'Africains et avec des participants que des pays du nord, je ne vois pas en quoi cela serait le Forum social mondial», déplore cette activiste.

Participation régionale

Faible, la participation est largement régionale comme pour toutes les précédentes éditions depuis 15 ans compte tenu des coûts de déplacement et d'hébergement pour les visiteurs étrangers.

Mais pour une première dans un pays du G7, le forum souffre aussi du refus de visas pour plus de 230 invités, dont quelques figures du tiers-mondisme, comme la militante altermondialiste malienne Aminata Traoré, le président du syndicat palestinien des postiers Imad Temiza ou encore Rogerio Batista, du syndicat brésilien CUT.

Pour Dominique Pilhon d'Attac-France, ce refus de délivrer des visas est un «choix politique» qui «déshonore le gouvernement canadien» allant «à l'encontre du FSM et de militants se battant pour les droits humains fondamentaux».

Procédure longue

Le ministère canadien de l'Immigration a rejeté la responsabilité sur les organisateurs du FSM qui n'ont pas relayé les procédures spécifiques mises en place lors de la tenue d'événements internationaux afin de faciliter les entrées aux frontières.

«Nous avons fait toutes les démarches possibles, nous ne sommes pas des fonctionnaires du gouvernement», a critiqué Raphaël Canet en parlant d'une «procédure longue, difficile et coûteuse» pour les participants étrangers.

C'est donc privé de quelques personnalités que les conférences vont se dérouler jusqu'à dimanche, comme celle sur la question du réchauffement climatique animée par l'activiste canadienne Naomi Klein, ou les débats sur les flux migratoires, les inégalités de revenus ou l'économie solidaire.

(AFP)

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