26.01.2013 à 10:50

VenezuelaUne mutinerie dans une prison fait 50 morts

Au moins 50 personnes sont mortes et 90 ont été blessées vendredi au cours d'une mutinerie dans la prison d'Uribana, dans l'Etat de Lara (nord-est du Venezuela), a-t-on appris de source hospitalière.

Les médias locaux ont montré des images des barricades installées aux environs de la prison par la Garde nationale.

Les médias locaux ont montré des images des barricades installées aux environs de la prison par la Garde nationale.

AFP

«A 1h30, nous avons un bilan approximatif de 90 blessés, la plupart d'entre eux par arme à feu, avec un chiffre vraiment alarmant de 50 morts au moins, qui ont été transférés à l'hôpital central», a déclaré Ruy Medina, directeur de l'hôpital central Antonio Maria Pineda, assurant que toutes les victimes venaient de la prison d'Uribana.

«Les blessés provenant de la prison d'Uribana ont commencé à arriver aux urgences à partir de 11 heures ce matin (...). Durant la journée, nous avons opéré 14 blessés dont l'état de santé réclamait une intervention chirurgicale», a précisé le directeur de l'hôpital. Le gouvernement vénézuélien a annoncé l'ouverture d'une enquête sur cette mutinerie qui a provoqué un nombre «déplorable» de victimes.

Plus tôt, la ministre des Affaires pénales, Iris Varela, avait annoncé à la télévision publique VTV qu'une perquisition pour rechercher des armes dans cette prison avait provoqué des heurts entre des détenus armés et les autorités, provoquant «un nombre indéterminé de victimes».

Parmi les victimes figuraient aussi bien des détenus que des militaires et des gardiens de la prison, a indiqué Mme Varela qui a promis de fournir une information détaillée des évènements quand les autorités auraient repris «le contrôle absolu» sur l'établissement pénitentiaire.

50'000 prisonniers pour 14'000 places

Les médias locaux ont montré des images des barricades installées aux environs de la prison par la Garde nationale, des transferts de prisonniers avec des vêtements tâchés de sang, et les membres éplorés de familles de prisonniers, surtout des femmes, qui attendaient des informations. «A qui va-t-on faire porter la faute de ce nouveau massacre dans une prison de notre pays? Le gouvernement est incapable et irresponsable», a critiqué sur Twitter le chef de l'opposition Henrique Capriles.

Le directeur de l'Observatoire vénézuélien des prisons (OVP), Humberto Prado, a regretté que l'Etat vénézuélien n'assume pas ses responsabilités, alors que la Cour interaméricaine des droits de l'Homme avait lancé dès 2006 des avertissements concernant précisément la prison d'Uribana. «La Cour interaméricaine a interdit à l'Etat vénézuélien de faire mourir un seul détenu de plus dans cette prison, mais malheureusement le Venezuela n'a rien fait, et, au contraire, survient un épisode de violence très grave», a ajouté M. Prado.

Selon l'OVP, Uribana a été conçue pour 850 détenus, «mais elle en compte 2'500 actuellement». Cette prison se caractérise notamment par de violents affrontements à l'arme blanche entre des prisonniers pour qui il s'agit autant d'un divertissement que d'une manière d'acquérir du prestige, selon l'ONG.

Toutes les prisons vénézuéliennes connaissent une forte surpopulation, beaucoup d'insalubrité et les violences entre les détenus sont fréquentes. Les chiffres officiels font état de 50'000 prisonniers dans le pays, alors que les infrastructures carcérales sont prévues pour en accueillir 14'000.

(AFP)

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