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Burkina FasoUne nouvelle attaque fait une «dizaine» de victimes

Moins de 24 heures après un assaut meurtrier dans le nord du pays, un détachement militaire a été pris pour cible à Hallalé.

Une dizaine de militaires ont été tués dans l'embuscade. (Image prétexte)

Une dizaine de militaires ont été tués dans l'embuscade. (Image prétexte)

Archives, AFP

Le Burkina Faso était en deuil mercredi, jour de Noël, après une nouvelle attaque djihadiste d'envergure. L'accrochage survenu mardi matin Arbinda, près de la frontière malienne, a fait 42 morts, suivi d'un deuxième dans la nuit. C'est la pire attaque depuis cinq ans.

Trente-cinq civils, dont 31 femmes, et sept militaires ont été tués dans cette attaque armée non revendiquée. Selon l'état-major des armées burkinabè, la riposte a permis de tuer «80 terroristes». «Une centaine de motos, de l'armement et des munitions en grande quantité ont également été récupérés» sur les djihadistes en fuite.

Plus tard, dans la nuit de mardi à mercredi, une dizaine de soldats ont encore été tués lors d'une attaque contre un détachement militaire à Hallalé, ont rapporté mercredi des sources sécuritaires. Cette localité se trouve dans la même province de Soum qu'Arbinda.

Cette région a régulièrement été frappée cette année par des attaques djihadistes, visant aussi bien les civils que les forces de l'ordre. Début avril, 62 personnes ont été tuées en trois jours lors d'attaques suivies d'affrontements intercommunautaires dans la commune. Deux attaques fin avril et début mai avaient frappé dans la région deux églises, tuant au total deux pasteurs et dix fidèles. En juin, 19 habitants d'Arbinda avaient péri pendant l'assaut mené en plein jour par plusieurs dizaines d'hommes armés.

Deux jours de deuil

Le président burkinabè Roch Kaboré a décrété 48 heures de deuil national, mercredi et jeudi, en hommage aux victimes de l'attaque d'Arbinda, le 24 décembre. Pays pauvre d'Afrique de l'ouest, le Burkina fait face à des attaques djihadistes fréquentes, comme ses voisins sahéliens le Mali et le Niger, une spirale de violences qu'il ne parvient pas à enrayer.

Le Burkina a reçu mercredi plusieurs messages de soutien, dont celui du Pape. François a dénoncé dans son traditionnel message de Noël les agissements «des groupes extrémistes sur le continent africain, surtout au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria».

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné «fermement» l'attaque dans un communiqué et transmis «la solidarité des Nations Unies au peuple burkinabé». «Inates au Niger hier, Arbinda au Burkina Faso aujourd'hui... Villes martyres, victimes d'un terrorisme rampant qui nous menace tous. L'Union européenne est aux côtés de l'Afrique dans son combat contre le terrorisme», a de son côté tweeté le président du Conseil européen Charles Michel.

Le président du Niger Mahamadou Issoufou, dont le pays vient de subir une terrible attaque de djihadistes à Inates (71 soldats tués), a fait part sur Twitter de sa «solidarité» et présenté «au nom du peuple nigérien» ses «condoléances».

Un demi-million de réfugiés

Depuis 2015, les attaques djihadistes au Burkina ont fait plus de 700 morts, selon un décompte de l'AFP, et environ 560'000 déplacés et réfugiés, d'après les Nations unies. Le Nord et l'Est du pays sont particulièrement touchés. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

Ces attaques sont rarement revendiquées mais attribuées à des groupes armés djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres au groupe État islamique. Face à cette menace, cinq Etats sahéliens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) qui tentent depuis 2015 de mettre sur pied une force militaire conjointe, ont appelé mi-décembre la communauté internationale à les soutenir davantage.

Et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a adopté le 21 décembre un «plan d'action» d'un milliard de dollars sur cinq ans pour lutter contre le terrorisme, un plan aux contours cependant flous.

(AFP)

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