Turquie: Une opération fait plus de 70 morts au sein du PKK

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TurquieUne opération fait plus de 70 morts au sein du PKK

Quelque 10'000 militaires et policiers turcs étaient mobilisés. Les combats entre l'armée et les rebelles ont repris cet été.

La campagne militaire se déroule dans le sud-est de la Turquie, selon les médias.

La campagne militaire se déroule dans le sud-est de la Turquie, selon les médias.

Archives, AFP

Une septantaine de membres présumés du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été tués au cours d'une vaste opération militaire menée depuis quatre jours dans le sud-est de la Turquie, a annoncé l'armée. La campagne militaire se poursuit, a-t-elle précisé.

Huit rebelles du PKK ont été «éliminés» depuis vendredi, ce qui porte le bilan des opérations d'une ampleur inédite conduite par l'armée et la police à une septantaine de morts, a indiqué l'état-major turc sur son site internet. Un soldat turc a en outre été tué samedi dans des heurts, portant le bilan de pertes dans les rangs de l'armée à deux depuis vendredi.

Environ 10'000 militaires et policiers et de nombreux chars ont été déployés dans les villes de Cizre et de Silopi, ainsi que dans un quartier de Diyarbakir, dans le sud-est du pays, selon les médias. Leur mission est de déloger de jeunes partisans du PKK qui ont transformé des quartiers entiers en zones de guerre en érigeant des barricades et en creusant des tranchées.

Bombardements

L'armée a en outre annoncé que des F-16 de l'aviation avaient bombardé vendredi des «repaires» et des «emplacement d'armes» situés dans le nord de l'Irak. Ces attaques ont touché les zones de Zap et Khakurk où le PKK dispose de bases arrières.

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, des combats meurtriers ont repris l'été dernier entre les forces de l'ordre turques et le PKK. Ils ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés fin 2012 pour tenter de mettre un terme à un conflit qui a déjà fait plus de 40'000 morts depuis 1984.

Combats urbains

Mais aux traditionnelles embuscades en zones rurales et montagneuses, les rebelles kurdes privilégient cette fois les combats dans les centres urbains dans l'espoir de susciter des soulèvements, une stratégie peu payante jusqu'à présent et qui met en danger les habitants.

La méthode des autorités turques consiste à décréter un strict couvre-feu avant d'envoyer policiers et soldats.

Un responsable gouvernemental turc a affirmé que les rebelles du PKK avaient affûté leurs compétences en matière de guérilla urbaine en combattant l'Etat islamique (EI) à Kobané, dans le nord de la Syrie. «Ils ont beaucoup appris grâce à Daech (acronyme arabe de l'EI)», a-t-il soutenu.

Sur la lancée de la victoire de son parti aux élections législatives du 1er novembre, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé sa volonté «d'éradiquer» le PKK. «Vous allez disparaître dans ces mêmes tranchées que vous avez creusées», a lancé jeudi le chef de l'Etat.

(ats)

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