07.08.2013 à 21:12

Affaire CahuzacUne perquisition chez Reyl conforte des dires de «PCG»

Des documents saisis lors d'une perquisition au siège parisien de la banque Reyl confortent certaines déclarations de son ex-cadre Pierre Condamin-Gerbier, selon une source proche du dossier.

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Le 19 juillet, dans une lettre ouverte publiée par Le Monde, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici fustige tant la méthode que les propos tenus par le président de la commission d'enquête parlementaire, Charles de Courson, notamment à propos de la Suisse.

Le 19 juillet, dans une lettre ouverte publiée par Le Monde, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici fustige tant la méthode que les propos tenus par le président de la commission d'enquête parlementaire, Charles de Courson, notamment à propos de la Suisse.

AFP
A gauche, Charle de Courson, président de la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur les éventuels dysfonctionnements de l'Etat dans l'affaire Cahuzac, estime carrément que «l'attitude de la Suisse est inacceptable!». Il ajoute, dans le quotidien Le Temps: «Que ceux qui ont commis des crimes accusent ceux qui les dénoncent: il faut être en Suisse pour voir cela.»

A gauche, Charle de Courson, président de la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur les éventuels dysfonctionnements de l'Etat dans l'affaire Cahuzac, estime carrément que «l'attitude de la Suisse est inacceptable!». Il ajoute, dans le quotidien Le Temps: «Que ceux qui ont commis des crimes accusent ceux qui les dénoncent: il faut être en Suisse pour voir cela.»

AFP
Le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan n'y va pas par quatre chemins. Il considère que si la Suisse veut conserver ses relations avec la France, elle devrait cesser de se comporter comme «un Etat voyou».

Le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan n'y va pas par quatre chemins. Il considère que si la Suisse veut conserver ses relations avec la France, elle devrait cesser de se comporter comme «un Etat voyou».

AFP

Des comptes détenus par des Français ont été identifiés, mais aucun n'appartiendrait à des personnalités politiques. M. Condamin-Gerbier, témoin dans l'affaire Cahuzac, a été arrêté en Suisse début juillet, peu après avoir affirmé avoir remis à la justice française des informations sur des personnalités ayant détenu un compte chez Reyl.

A la suite de ces déclarations, le parquet de Paris a ouvert à la fin du mois de mai une information judiciaire contre X pour «blanchiment de fraude fiscale». Les deux juges chargés de l'enquête ont effectué le 30 juillet avec les policiers de la Division nationale d'investigations financières et fiscales (DNIFF) une perquisition au siège parisien de la banque.

Démenti de Reyl

Des documents saisis pendant l'opération ont permis de conforter certaines des déclarations de M. Condamin-Gerbier sur l'existence de comptes détenus par des Français dans la banque suisse Reyl, a indiqué la source à l'AFP. Aucune personnalité politique ne figurerait parmi les détenteurs de ces comptes, ce qu'avait un temps affirmé M. Condamin-Gerbier, selon cette source.

Reyl & Cie s'est refusé à tout commentaire sur l'enquête en cours. La banque a cependant réaffirmé mercredi, comme elle l'a fait plusieurs fois ces derniers mois, ne pas avoir «parmi ses clients de résidents français ayant exercé ou exerçant de charges politiques».

«La clientèle française de notre bureau parisien n'est pas concernée par cette enquête», a-t-elle par ailleurs précisé.

L'établissement suisse est au coeur de l'enquête sur l'affaire Cahuzac, pour avoir longtemps géré un compte de l'ancien ministre du Budget. Peu après le scandale Cahuzac, les déclarations de M. Condamin-Gerbier avaient jeté le trouble au sein de la classe politique.

Une quinzaine de ministres

En juin, devant les sénateurs, M. Condamin-Gerbier avait affirmé disposer d'une liste d'«une quinzaine» de noms d'ex-ministres ou d'actuels ministres détenteurs d'un compte en Suisse, estimant que l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac n'était qu'un «fusible».

Après les déclarations de M. Condamin-Gerbier, Reyl a déposé une plainte en Suisse contre son ancien employé, notamment pour «vol, falsification de document (faux dans les titres) et violation du secret professionnel et commercial».

M. Condamin-Gerbier a été arrêté début juillet en Suisse, deux jours après son audition par la commission d'enquête parlementaire française sur l'affaire Cahuzac.

(ats)

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