Résultats annuels des CFF: Une perte de 617 millions mais des clients et des employés heureux
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Résultats annuels des CFFUne perte de 617 millions mais des clients et des employés heureux

Minés par la pandémie, les CFF ont terminé l’année avec leurs pires résultats depuis qu’ils sont devenus une société anonyme.

par
Yannick Weber
Malgré une situation financière très tendue, les CFF ont essayé de montrer un visage optimiste pour l’avenir.

Malgré une situation financière très tendue, les CFF ont essayé de montrer un visage optimiste pour l’avenir.

20min/Simon Glauser

Chacun des interlocuteurs de la conférence de presse des CFF, lundi matin, l’a répété: «C’est la plus grosse perte financière depuis que les CFF sont devenus une société anonyme en 1999». Le chiffre s’établit à 617 millions de francs de perte en 2020 (en 2019, le bénéfice était de 463 millions). L’année avait bien commencé, avec une augmentation du nombre de passagers en janvier par rapport à 2019. Et puis, ce fut la catastrophe.

«On a vu une chute du nombre de voyageurs de 85% pendant la première vague et d’environ 50% pendant la deuxième», a illustré le chef des finances Christoph Hammer. C’est logiquement dans la section «Voyageurs» que la perte a été la plus lourde (661 millions, dont la grande partie dans le trafic grandes lignes). Les bénéfices de la section Immobilier (244 millions) n’ont largement pas suffi pour compenser.

CFF

Les chiffres plongent, la confiance augmente

La Confédération a dû permettre en 2020 aux CFF de relever leur plafond d’endettement de 550 millions de francs, ce que Christoph Hammer a comparé à un «parachute» pour éviter le crash. «2021 sera encore une année difficile, mais nous sommes absolument convaincus que le train reste le moyen de transport du futur et que les clients reviendront», a exprimé Monika Ribar, la présidente du Conseil d’administration.

Malgré les résultats catastrophiques, les CFF ont voulu montrer un visage optimiste et se sont aussi concentrés sur ce qui a bien fonctionné. Le CEO Vincent Ducrot a mentionné des progrès dans la sécurité (moins d’accidents), la qualité (moins de problèmes de matériel roulant), la digitalisation (augmentation du nombre de billets vendus via l’app)… et aussi gênant que cela puisse être à dire pour les CFF, la satisfaction des clients et des employés a sensiblement augmenté pendant cette année de crise.

Correspondances mieux prises en compte

Cela va de pair avec une amélioration de la ponctualité. Les CFF ont d’ailleurs, comme promis, un peu modifié leur manière de calculer: la controversée méthode de calcul de la «ponctualité voyageurs» a été complétée par des statistiques sur la ponctualité des trains eux-mêmes. En 2020, 95,7% des trains sont arrivés à l’heure (94,2% en 2019). «De plus, le critère de respect du temps de changement minimal en gare, qui permet aux voyageurs de prendre leur correspondance comme prévu, a été intégré. Les CFF tiennent ainsi compte des voyageurs qui manquent leur correspondance à cause d’un train circulant avec moins de trois minutes de retard, et donc annoncé à l’heure», disent les CFF.

L’avenir sera comme avant

Les CFF ont constaté de manière assez attendue que le nombre d’abonnements demi-tarifs est resté stable pendant que celui des abonnements généraux a baissé (-12,2%) en raison des nombreux non-renouvellements des pendulaires mis en télétravail. La question a été posée à Vincent Ducrot: s’attend-on à un changement des habitudes de consommation, où on privilégierait l’achat de ce que l’on utilise effectivement plutôt qu’un abonnement général? «Je ne le pense pas, a répondu le CEO. Il y a peut-être un léger shift vers la consommation pour chaque trajet, mais l’abonnement général reste très attractif.» Vincent Ducrot dit avoir sondé ses collaborateurs en télétravail. «Souvent, ils me demandent quand est-ce qu’ils pourront revenir au bureau. La mobilité reprendra», espère-t-il.

Chute des ventes d’abonnements généraux en 2020

Chute des ventes d’abonnements généraux en 2020

Les vélos de la discorde

Les CFF ne cachent pas non plus leur autocritique quand il y a lieu. «Les CFF ont sous-estimé l’engouement pour le vélo et la forte augmentation de la demande pendant l’été», relèvent-ils, enchaînant en disant avoir pris des mesures pour remédier au manque de place. Les capacités dans certains trains seront augmentées dès le 21 mars, mais il sera désormais obligatoire de réserver une place pour vélo. Le prix de la réservation ne sera finalement pas de 5 francs comme prévu, mais de 2 francs. Pas de quoi satisfaire les défenseurs du vélo. L’Association transport et environnement a lancé une pétition pour s’opposer à la nouvelle politique.

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