01.03.2012 à 13:02

Surveillance illégaleUne plainte a été déposée dans l'affaire Ikea France

Le parquet de Versailles a enregistré une plainte contre X déposée par le syndicat FO, qui soupçonne le géant suédois du meuble Ikea de surveillance illégale de salariés et de clients.

En effet, selon Le Canard Enchaîné de mercredi, la «direction risque» d'Ikea France a surveillé illégalement des salariés avant embauche.

En effet, selon Le Canard Enchaîné de mercredi, la «direction risque» d'Ikea France a surveillé illégalement des salariés avant embauche.

Le syndicat produit dans sa plainte pour «utilisation frauduleuse de données personnelles», des courriels entre des cadres du groupe et des enquêteurs privés, qui proposent notamment contre rémunération des «consultations équivalentes à celles du STIC (système de renseignement des infractions constatées)» (fichier policier).

Le syndicat soupçonne le groupe suédois d’avoir demandé à ces enquêteurs des renseignements sur les antécédents judiciaires, policiers ou sur les comptes en banque de salariés ou de clients en litige avec l’enseigne.

Les avocats du syndicat, Me Yassine Yakouti et Sofiane Hakiki, estiment qu’il s’agit d’une «infraction d’habitude», ces échanges ayant «commencé au plus tard en 2003 et (s’étant) perpétué jusqu’au 17 juillet 2009 au moins» et qu’aucune prescription ne peut être invoquée, les faits ayant été dissimulés.

«Si ces faits sont avérés, il s’agit d’une atteinte très grave aux droits des salariés mais aussi des citoyens», a déclaré Hocine Redouani, délégué syndical FO du magasin Ikea Paris-Nord 2.

«Ce sont des pratiques qu’on ne pensait pas possible. Nous espérons que cela va être tiré au clair par la justice et que les responsabilités des uns et des autres seront établies», a-t-il ajouté, estimant que le directeur de la gestion du risque d’Ikea France, «mis en disponibilité» depuis mercredi, n’était «pas le seul au courant».

Enquête ouverte

En effet, selon Le Canard Enchaîné de mercredi, la «direction risque» d'Ikea France a passé un accord en 2003 avec des enquêteurs privés qui lui fournissaient des informations issues de fichiers policiers concernant des salariés avant embauche, des syndicalistes, voire des clients en cas de différend commercial.

Les renseignements seraient puisés dans le STIC, une immense base de données contenant plusieurs millions de noms, ou dans ceux du permis de conduire ou des immatriculations de véhicules.

L'hebdomadaire égrène différents exemples de demandes de renseignements sur des clients ou des salariés entre 2007 et 2009 auprès de ces enquêteurs privés pour qu'ils fournissent leurs antécédents judiciaires ou policiers.

Ikea a également obtenu de ces enquêteurs des données sur les comptes bancaires d'un salarié en 2003 ou des informations sur le contenu d'une enquête judiciaire sur des pressions syndicales menée en 2005, selon des courriels publiés par le site Mediapart.

(AFP)

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