Jura: Une plante carnivore grignote les tourbières
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JuraUne plante carnivore grignote les tourbières

La lutte est engagée aux Franches-Montagnes contre un envahisseur végétal: la sarracénie pourpre.

par
Vincent Donzé
La sarracénie pourpre sera prochainement arrachée dans les tourbières jurassiennes.

La sarracénie pourpre sera prochainement arrachée dans les tourbières jurassiennes.

Willy Houriet

La guerre est déclarée aux Franches-Montagnes contre la sarracénie pourpre, une plante carnivore exotique présente dans plusieurs tourbières. «Cette plante introduite à la fin du XIXe siècle exerce une forte pression sur les espèces indigènes caractéristiques de ces milieux», précise Louis Roulet, collaborateur scientifique à l’Office jurassien de l’environnement.

La sarracénie pourpre (Sarracenia purpurea) est une plante carnivore originaire d’Amérique du Nord. Introduite en Suisse vraisemblablement à la fin du XIXe siècle, elle est friande de milieux humides pauvres et acides, raison pour laquelle elle s’est installée et s’est développée dans différentes tourbières de l’arc jurassien, dont celles des Embreux, des Veaux et du Prédame aux Genevez, ou encore dans celle de la Gruère.

Flore locale

«Ces sites sont classés comme biotopes marécageux d’importance nationale et ils jouent un rôle important dans la très actuelle thématique de la sauvegarde de la biodiversité», indique l’Office de l’environnement, désireux de protéger la faune et la flore locale «afin de préserver un environnement aussi naturel que possible».

Le défaut de la sarracénie pourpre, c’est d’exercer une pression grandissante sur la flore indigène des tourbières, notamment sur les plantes carnivores telles que les rossolis à longues feuilles (Drosera anglica) ou les rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia).

Arrachage manuel

La lutte sera effectuée en collaboration avec l’Association des naturalistes francs-montagnards et une entreprise locale. Elle consistera essentiellement en un arrachage manuel de la plante, avec minutie. Cette opération sera effectuée ces deux prochains mois, avant la période de floraison «afin d’éviter une dissémination par les graines».

Une opération de même genre s’est déroulée il y a cinq ans, avec l’aide du Centre Nature Les Cerlatez sur le site de la Gruère. «Les résultats obtenus encouragent à poursuivre cette mesure de lutte», indique Louis Roulet.

Jardins botaniques

L’Office jurassien de l’environnement précise que la sarracénie pourpre pourra toujours être observée dans les jardins botaniques de Porrentruy et de Neuchâtel. Cet office souligne l’importance de ne pas introduire d’espèce dans les milieux naturels, pas même les indigènes.

Semer ou planter des plantes ici et là, c’est une action formellement proscrite au regard de la législation sur la protection de la nature et du paysage. Cette activité peut tout au plus faire l’objet d’une autorisation lorsqu’elle s’inscrit dans un programme validé par les instances compétentes.

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