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Convention des AlpesUne plateforme commune pour traiter les énergies renouvelables

Les pays membres de la Convention des Alpes vont désormais traiter des questions liées à l'énergie de manière plus concertée.

Doris Leuthard avec le ministre de l'Environnement autrichien Nikolaus Berlakovich.

Doris Leuthard avec le ministre de l'Environnement autrichien Nikolaus Berlakovich.

Suite à l'appel de Doris Leuthard lors de la 12e Conférence alpine, les ministres de l'environnement des huit pays membres de la Convention des Alpes ont décidé de réagir de manière plus concertée les questions liées aux énergies renouvelables.

"Cela n'a aucun sens que chaque pays poursuive seul ses propres projets énergétiques", a déclaré la conseillère fédérale face aux médias. Doris Leuthard a donc fait approuver par les autres pays de l'arc alpin la mise en place d'une plateforme commune pour encourager la collaboration dans le domaine de l'approvisionnement énergétique et des énergies renouvelables.

Carte des territoires adaptés

Cet instrument doit permettre aux huit pays membres d'échanger leurs expériences, de conclure des collaborations et de coordonner leurs activités. L'équilibre à trouver entre la production d'énergie et la protection de l'environnement figure au coeur de la démarche.

La plateforme adoptée prévoit l'établissement d'une carte sur laquelle figurent les territoires appropriés pour la production d'énergie à partir des sources renouvelables (eau, vent, soleil). But de l'opération: augmenter la sécurité de la planification.

CIPRA inquiète

En marge de la conférence, la Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA) a souligné à ce sujet sa crainte que l'arc alpin ne soit "exploité jusqu'à la dernière goutte d'eau" et ce, "sous couvert de la lutte contre le réchauffement climatique". La CIPRA a appelé la Convention alpine à empêcher ce scénario en misant notamment sur les économies d'énergie et la hausse des prix.

La Convention alpine a par ailleurs décidé à Poschiavo de renforcer le positionnement de l'arc alpin au niveau international. Elle souhaite gagner du poids et faire figure d'exemple reconnu dans le développement durable et la production d'énergie issue de sources renouvelables. Les pays membres entendent promouvoir ce type d'énergie au-delà du continent.

L'Italie présidente

A Poschiavo, la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie étaient représentées par leurs ministres respectifs de l'environnement. Les ministres français, monégasque, slovène et de l'Union européenne (UE) avaient envoyés leurs représentants.

A l'issue de la conférence, l'Italie a repris la présidence de la Convention alpine des mains de la Suisse. Cette convention constitue le premier accord de droit international contraignant à protéger une région de montagne. Elle lie la Suisse, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, la Slovénie, le Liechtenstein et Monaco. Le traité a aussi été signé par l'UE.

Si la Confédération a signé la convention cadre, elle n'a toujours pas ratifié la dizaine de protocoles qui enjoignent les pays signataires d'adopter des mesures pour concrétiser les objectifs. Le dossier traîne depuis plus de dix ans en Suisse.

(ats)

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