Attentat de Nice: Une policière dit avoir été priée d'effacer une vidéo

Actualisé

Attentat de NiceUne policière dit avoir été priée d'effacer une vidéo

Le ministère français de l'Intérieur aurait demandé une version modifiable du rapport sur l'attentat du 14 juillet.

1 / 125
Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)

Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)

AFP
Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)

Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)

AFP
Vingt-deux personnes intervenues pendant l'attaque de Nice ont reçu dimanche la Légion d'honneur. (1er janvier 2017)

Vingt-deux personnes intervenues pendant l'attaque de Nice ont reçu dimanche la Légion d'honneur. (1er janvier 2017)

AFP

La policière municipale qui a accusé dans le Journal du dimanche le ministère de l'Intérieur de lui avoir fait subir des pressions pour qu'elle modifie un rapport sur le dispositif de sécurité après l'attentat du 14 juillet à Nice a maintenu dimanche soir ses accusations. Lors d'une conférence de presse tenue à ses côtés, son avocat Adrien Verrier a par ailleurs annoncé qu'elle allait faire dès lundi un signalement au procureur de la République pour «faux en écriture publique».

Sur France 2, Sandra Bertin a assuré qu'un «commissaire de police» disant être envoyé par le ministère présent avec elle dans le centre de vidéosurveillance de la ville et une autre personne disant faire partie du cabinet du ministre, jointe par téléphone, lui avaient notamment demandé «de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale» et de rédiger un rapport «modifiable».

Cazeneuve nie

Dans la journée, après la révélation de ces accusations --rejetées par l'Intérieur mais aussi par le directeur général de la police nationale--, Bernard Cazeneuve avait annoncé porter plainte pour diffamation contre la policière, et il a de nouveau dénoncé dimanche soir sur France 2 une «campagne de vilenies» et «les mensonges» de responsables niçois.

«Il y a un commissaire de police qui s'est présenté dans mon bureau, m'expliquant être envoyé par le cabinet du ministère et avoir besoin d'éléments de réponse quant au visionnage des caméras», a assuré dimanche soir Mme Bertin, qui est également responsable du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale de la Métropole et de la Ville de Nice.

«Il me met en relation téléphonique avec une personne qui se présente elle aussi comme faisant partie du cabinet du ministre de l'Intérieur et qui décline son nom, son prénom et qui m'indique avoir besoin de précisions quant à l'événement», a-t-elle poursuivi.

«Dans le cadre de ces précisions, (cette personne) me demande de noter précisément dans le rapport les points de barrage où était positionnée la police municipale et où était positionnée la police nationale. Je lui réponds qu'en fonction de ce que je vois, je lui indiquerai, et qu'évidemment je n'inventerai rien», a encore raconté Mme Bertin.

«Partant de là, elle me demande une version modifiable de mon rapport, ce à quoi je m'oppose», a-t-elle ajouté, affirmant avoir été ensuite «littéralement harcelée téléphoniquement: au fur et à mesure que le temps passe, les appels sont de plus en plus rapprochés».

Modifier des éléments

Après avoir envoyé son rapport, la personne se présentant comme un membre du cabinet de M. Cazeneuve a rappelé le commandant de police présent dans la pièce, toujours selon Mme Bertin: elle «lui demande de me faire modifier certains éléments, certains paragraphes, en me demandant notamment de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale».

«Encore une fois je m'y oppose, le commandant de police s'énerve. Plusieurs personnes ont pris ma défense en disant qu'à un moment il fallait arrêter. (Le policier) indique à une des personnes --là encore je ne dis pas son nom, l'enquête le révélera-- qu'il la réquisitionne, qu'il faut modifier le rapport», a conclu la policière.

(ats)

Ton opinion