Accusations d’attouchements: Une politicienne de Monthey porte plainte contre Yannick Buttet
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Accusations d’attouchementsUne politicienne de Monthey porte plainte contre Yannick Buttet

Le 1er août, la présidente du Conseil général de Monthey (VS) accusait publiquement Yannick Buttet de gestes et de propos déplacés. Elle a décidé de le dénoncer devant la justice pénale.

par
Evelyne Emeri
La plaignante: Laude-Camille Chanton (PLR), 34 ans, présidente du Conseil général de Monthey (VS) durant quatre ans et candidate malheureuse à la Municipalité ce week-end. L’accusé: Yannick Buttet (PDC), 43 ans, futur ex-président de la commune de Collombey-Muraz (VS). Ces nouvelles allégations mettent sans doute un terme définitif à son parcours politique déjà bien entamé par son passif.

La plaignante: Laude-Camille Chanton (PLR), 34 ans, présidente du Conseil général de Monthey (VS) durant quatre ans et candidate malheureuse à la Municipalité ce week-end. L’accusé: Yannick Buttet (PDC), 43 ans, futur ex-président de la commune de Collombey-Muraz (VS). Ces nouvelles allégations mettent sans doute un terme définitif à son parcours politique déjà bien entamé par son passif.

PLR Monthey-Choëx/Le Matin-Darrin Vanselow

Que s’est-il réellement passé au soir du mardi 28 juillet à la Taverne, établissement de la Place centrale à Monthey (VS)? Était-ce si grave, alors que Laude-Camille Chanton (PLR), candidate malheureuse ce week-end à la Municipalité, et Yannick Buttet (PDC), bientôt ex-président de Collombey-Muraz, trinquaient avec d’autres?

Attouchements et paroles grossières

Excepté des témoins qui ne sont pas d’accord entre eux sur les faits au gré de leurs affinités amicales et/ou politiques, c’est la justice valaisanne qui va devoir trancher ces questions centrales. La politicienne de 34 ans a déposé une plainte pénale en date du 29 septembre pour attouchements à caractère sexuel et paroles grossières au sens de l’article 198 ch. 2 du Code pénal contre Yannick Buttet. C’est ce que nous confirme ce lundi son avocat, Me Pierre-Xavier Luciani.

«Ses mains sur mes cuisses»

L’accusatrice avait choisi de médiatiser sa vérité quelques jours après cette soirée. Le 1er août, l’élue PLR dénonce le démocrate-chrétien de 43 ans. Elle témoigne sur le site du «Nouvelliste». Elle parle «d’agissements graves». Elle affirme aussi: «À plusieurs reprises et malgré mes remontrances, il a passé ses mains sur mon dos, mon cou et mes cuisses. Il a tenu des propos déplacés à mon encontre. L’alcool ne pardonne pas tout.»

Et encore: «Yannick Buttet ne se rend pas compte de ce qu’il dit ou de ce qu’il fait. Ses paroles et son attitude m’ont choquée. Il ne regarde pas une femme comme un séducteur mais comme un prédateur. C’est très dérangeant. Ces comportements doivent cesser pour que cela n’arrive pas à d’autres.» L’info est reprise par tous les médias. Et voilà la déferlante qui s’abat sur celui dont le passif est connu de tous.

Communiqué silencieux

Laude-Camille Chanton veut briser la loi du silence. D’autres précisément l’ont fait par le passé, des femmes parlementaires à Berne en novembre 2017 quand le dépôt de plainte émanant de l’ex-maîtresse du conseiller national et vice-présidence du Parti démocrate-chrétien suisse fuite. Aucune d’elles ne l’a poursuivi, alors que l’affaire Weinstein occupe la planète entière. Laude-Camille Chanton, elle, le fait. En silence, cette fois-ci. Le communiqué de presse est prêt chez Me Luciani, mais uniquement pour le ou la journaliste qui s’intéressera au sujet. Responsable en communication et relations publiques, la Valaisanne s’est préparée.

«Manipulation politique»

Cette communication datée du 29 septembre, la voici, en substance: «Laude-Camille Chanton, atteinte dans sa santé et vu l’absence de regrets et d’excuses de la part de l’auteur des actes, lequel a évoqué, publiquement, une manipulation à caractère politique, a décidé de dénoncer les actes qu’elle avait dû subir et les paroles déplacées devant le juge pénal. Laude-Camille Chanton laisse à présent la justice instruire cette affaire. Elle entend, de son côté, se rétablir (ndlr. elle est en congé maladie depuis début août), se consacrer à ses proches, ainsi qu’à sa carrière politique tout particulièrement en relation avec la prochaine échéance, soit les élections communales à Monthey (ndlr. dimanche 18 octobre pour l’exécutif). Elle précise dénoncer ces actes en tant que femme et non politicienne afin qu’ils cessent d’être banalisés.»

«Apparemment, le courage n’est pas une vertu en politique.»

Laude-Camille Chanton, plaignante

Contactée par téléphone, la plaignante nous parle quelques instants avant de nous renvoyer auprès de son défenseur: «C’est une histoire qui m’affecte. Je maintiens tout ce que j’ai dit.» Sa parole libérée a-t-elle influencé sa non-élection ce week-end à l’exécutif de Monthey? «Je pense un petit peu. L’affaire n’aura pas aidé, mais il n’y a pas que ça. Apparemment, le courage n’est pas une vertu en politique. Ça n’est pas une histoire politique, c’est une valeur de femmes.» Laude-Camille Chanton ne cache pas son amertume et sa déception d’avoir trébuché au Conseil municipal de sa Ville après s’être tant investie avant et durant la campagne.

«Je me sens zen»

Les accusations de Laude-Camille Chanton lancées, la réplique de Yannick Buttet ne s’est pas fait attendre. Après 22 ans en politique, il annonce qu’il ne se portera pas candidat à sa propre succession à la présidence de Collombey-Muraz. «Ça me fait mal pour ma commune, ma région, je vais verser quelques larmes pour mes employés. C’est dur avec les gens, ils sont touchants. Ils me demandent de ne pas m’arrêter», nous confie-t-il.

Cette nouvelle plainte met sans doute un terme définitif à son brillant parcours politique, stoppé quasi net fin 2017, contraint de démissionner du Conseil national et de la vice-présidence du parti. «J’ai bien d’autres projets. Je suis prêt à passer à autre chose. Je me sens zen. Je veux travailler pour moi et ma famille.»

«Pas le souvenir de gestes déplacés»

S’agissant de cette nouvelle affaire, l’élu PDC dit «ne plus vouloir revivre ça.» Son passif, il s’en était ouvert dans un entretien fleuve accordé au «Matin» en août 2018: ses dérapages avec les femmes, sa surconsommation d’alcool, sa maîtresse qui l’a fait condamner pour «stalking» (ndlr. par message).

«Fin juillet, j’ai fait l’erreur d’aller sur cette terrasse. J’ai eu la faiblesse de partir en piste. À midi, j’avais déjà eu un long repas avec trois homologues du Chablais. J’ai peut-être été trop proche avec elle, c’est quelqu’un que je ne connais pas. Mais je n’ai pas le souvenir de gestes déplacés. Je regrette cette situation pour tout le monde.»

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