Avenir: Une pomme génétiquement modifiée, mais pas étiquetée OGM
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AvenirUne pomme génétiquement modifiée, mais pas étiquetée OGM

Les nouvelles biotechnologies utilisées pour muter des gènes pourraient ne pas être assujetties au cadre réglementaire qui régule le génie génétique en Suisse et en Europe.

par
Dr Luigi D’Andrea
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«J’ai donné une pomme à ma gamine pour les 10 heures, une de ces nouvelles pommes américaines Arctic qui ne brunissent pas. Au lieu de la manger, elle s’est amusée à la lancer contre le mur avec ses copines à l’école. La pomme est revenue sans traces brunes mais complètement blette. Ma fille n’a plus voulu la manger après avoir joué avec. Au fait, j’ai lu dans "Le Matin" que ces pommes sont modifiées génétiquement, mais elles ne doivent pas être étiquetées organismes génétiquement modifiés (OGM) au rayon du supermarché. Comme j’arrête d’allaiter son petit frère, j’ai acheté ce nouveau lait en poudre où il y a marqué «sans allergènes» et «valeur nutritionnelle ajoutée» partout sur l’emballage. La vache en photo sur la boîte de lait n’a plus de cornes et c’est écrit que le lait contient des protéines humaines et moins de protéines de vache. Est-ce que je vais devenir cannibale si je mange un steak?!»

Cette histoire est basée sur des faits réels. Les pommes génétiquement modifiées Arctic sont autorisées à la vente aux USA. Des projets pilotes ont déjà produits des vaches génétiquement modifiées sans cornes ou dont le lait contient moins d’allergènes et/ou se rapproche de la composition du lait humain pour remplacer le lait maternel.

Les nouvelles biotechnologies utilisées pour muter des gènes dans ces organismes pourraient ne pas être assujetties au cadre réglementaire qui régule le génie génétique en Suisse et en Europe. Étrange. Qui aurait avantage à nier cette évidence? Si cela se confirmait, ces produits seraient autorisés à la culture et à la vente sans étiquetage particulier, ni évaluation sanitaire et environnementale. Ils seraient mélangés aux produits conventionnels sur les étalages suisses et contourneraient le moratoire suisse en vigueur jusqu’en 2021. On ne veut pas d’OGM par la petite porte!

En partenariat avec «La semaine du goût»

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