Cyclisme: Une «Primavera» en août et pas comme les autres
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CyclismeUne «Primavera» en août et pas comme les autres

La course Milan-Sanremo de 2020 sera historique. Reportée au 8 août à cause de la pandémie, elle a aussi été «détournée» par les touristes.

par
Robin Carrel
La Côte Ligure sera amputée d’une grande partie.

La Côte Ligure sera amputée d’une grande partie.

KEYSTONE

Les stations balnéaires transalpines, comme toutes les autres, payent un lourd tribut au Covid-19. Les touristes sont bien moins nombreux cette année et tous ceux qui peuvent faire le déplacement sur les plages italiennes sont les bienvenus. Quitte à devoir sacrifier le traditionnel Monument du cyclisme qu’est Milan-Sanremo. Prévue en mars, elle a été reportée au 2e week-end d’août, ce qui ne faisait, forcément, pas les affaires de tout le monde.

Treize communes (sur 16) de la Province de Savone, sur les rives de la Mer Ligure à l’Ouest de Gênes, ont ainsi interdit de passage la «Classicissima», pour privilégier les estivants aux cyclistes. Du coup, les organisateurs de l’épreuve remportée par Fabian Cancellara en 2008 ont dû sortir leur plus belle carte des routes de la région, pour trouver un nouveau tracé, afin d’y faire passer le peloton et de pouvoir s’expliquer ensuite sur la mythique Via Roma de Sanremo.

«C’est comme s’ils s’étaient tous ligués contre Milan-Sanremo et c’est désolant de voir ceci, a regretté Mauro Vegni, le directeur de la course, dans les colonnes de la Gazzetta. Si c’est ce qu’ils pensent de l’Histoire et de l’importance de Milan-Sanremo, alors il n’y avait pas d’autres solutions que de trouver un itinéraire différent. Nous étions prêt à accepter plus de risques, à laisser les voitures se parquer des deux côtés de la route, mais on nous a demandé de mettre des ‘stadiers’ tous les 50 mètres!»

Le nouveau profil

Le nouveau profil

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D’habitude réservée aux sprinters, voire aux puncheurs ultra-costauds, cette course plus que centenaire (première édition en 1907, 110 en tout) va voir son profil quelque peu modifié par le changement de route rendu nécessaire par certains maires. L’épreuve ne fera plus 291km, mais 299 – l’UCI ne permet pas de tracés de plus de 300 bornes – et sera plus difficile que d’habitude sur sa fin.

Au début, les coureurs arpenteront les routes du Piémont et ne grimperont par le Turchino habituel, à 120 km de l’arrivée, ainsi que les célèbres «Capi» Mele, Cervo et Berta, qui en font souvent le sel. Car plutôt que d’aller bifurquer vers Savone, le peloton ira rejoindre les routes de la côte à Imperia, pour les 40 derniers kilomètres qui eux, ne bougeront heureusement pas. Il devra se coltiner le Colle di Nava (5 km de montée, sommet à 936 m. d’altitude, sis à 70 km de l’arrivée), avant d’enchaîner sur les habituels juges de paix : la Cipressa et, surtout, le Poggio.

«Le final est sans doute un peu plus difficile ainsi, a concédé Vegni. Le Turchino est bien plus loin de l’arrivée que le Colle di Nava et la descente de ce dernier col y est rapide et elle sera sélective.» Les organisateurs de la course italienne ont en outre annoncé ces derniers jours que les équipes Bardiani-CSF-Faizanè et Androni Giocattoli-Sidermec avaient été invitées. Ils ont aussi réduit à six le nombre de coureurs sélectionnables par formation, ce qui va rendre très difficile de contrôler la course pour les équipes de sprinteurs.

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