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RussieUne Pussy Riot a repris sa grève de la faim

L'administration pénitentiaire a indiqué que Nadejda Tolokonnikova, l'une des deux jeunes femmes emprisonnées du groupe contestataire russe Pussy Riot, va être transférée «dans un autre établissement afin d'assurer sa sécurité».

Nadejda Tolokonnikova a repris sa grève de la faim.

Nadejda Tolokonnikova a repris sa grève de la faim.

ARCHIVES, AFP

Nadejda Tolokonnikova, l'une des deux jeunes femmes emprisonnées du groupe contestataire russe Pussy Riot, a repris vendredi sa grève de la faim.

L'administration pénitentiaire (FSIN) a ensuite indiqué que la jeune femme serait transférée «dans un autre établissement suite à sa demande d'assurer sa sécurité».

Selon les termes de la législation russe, l'un de ses proches «sera informé de son nouveau lieu de détention au plus tard 10 jours après son arrivée à cet endroit», a déclaré le service de presse du FSIN sans plus de détails.

Son époux Piotr Verzilov qui avait annoncé dans la matinée la reprise de la grève, n'était pas en mesure d'indiquer si Nadejda Tolokonnikova poursuivait sa grève de la faim.

«C'est à elle qu'il faut le demander. Si son avocat obtient un rendez-vous avec elle, nous saurons quelle est sa décision», a-t-il déclaré. «Nous n'avons aucune information sur son état. Personne ne l'a vue», a-t-il ajouté.

Le délégué du Kremlin chargé des droits de l'homme Vladimir Loukine s'était dit plus tôt «choqué», par le fait que Nadejda Tolokonnikova soit retournée dans son camp, soulignant que les autorités pénitentiaires lui avaient promis de la transférer dans un autre établissement.

Amnistie pour les jeunes mères

En signe de soutien à sa camarade, Maria Aliokhina, l'une des deux militantes du groupe, a retiré vendredi une demande de remise de peine. «Je n'ai pas moralement le droit de prendre part à cette audience alors que mon amie et camarade emprisonnée Nadejda Tolokonnikova n'a pas cette chance», a déclaré Maria Aliokhina devant un tribunal de Nijni Novgorod.

«Si les autorités sont prêtes à me libérer avant terme, qu'elles le fassent dans le cadre d'une amnistie avec d'autres femmes ayant des enfants en bas âge», a-t-elle poursuivi. Les deux Pussy Riot emprisonnées sont âgées de 23 ans et ont de jeunes enfants. Elles purgent une peine de deux ans de camp pour avoir chanté début 2012 une «prière punk» contre le président russe Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

Conditions proches de «l'esclavage»

Nadejda Tolokonnikova avait interrompu, après son hospitalisation le 1er octobre, sa grève de la faim entamée huit jours plus tôt pour protester contre des conditions qu'elle a décrites comme étant proches de l'«esclavage» dans son camp de travail.

Selon elle, les prisonnières sont systématiquement humiliées et réduites à l'état d'«esclavage», forcées de travailler 16 ou 17 heures par jour et privées de sommeil, et elles doivent vivre dans des conditions d'hygiène précaires.

Nadejda Tolokonnikova accuse par ailleurs le directeur adjoint du camp, Iouri Kouprianov, de l'avoir menacée de mort après la publication de sa lettre sur les conditions de détention rappelant des témoignages sur le Goulag soviétique, et qui a provoqué une vive polémique en Russie sur les conditions de détention dans le pays.

(ats)

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