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ÉclairageUne région devenue muette fait danser les autonomistes

Avec la non-réélection de Manfred Bühler, le Jura bernois n'est plus représenté sous la Coupole fédérale. Du pain bénit pour les autonomistes.

par
lematin.ch
Le maire de Cortébert (BE) a perdu des voix à Bienne et dans le Jura bernois.

Le maire de Cortébert (BE) a perdu des voix à Bienne et dans le Jura bernois.

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Le calcul est vite fait sur les réseaux sociaux, après la non-réélection du conseiller national francophone bernois Manfred Bühler, maire de Cortébert et avocat à Bienne: «Une région de plus de 50'000 habitants n'aura donc personne pour promouvoir ses intérêts auprès de la Confédération. Le Jura, avec ses 70'000 habitants, en a toujours 4», écrit un internaute.

Préférant le choc d'une émoticône au poids des mots, le leader autonomiste Valentin Zuber a fait tinter deux flûtes de champagne. Le Jura bernois muet à Berne, c'est du pain bénit pour les partisans d'un rattachement de Moutier au canton du Jura: ils oseront affirmer qu'en changeant de canton, la cité charnière pourrait envoyer un élu à Berne.

Pas d'élu francophone

Édité à Bienne, «Le Journal du Jura» ne s'y est pas trompé, en relevant qu'outre le conseiller national sortant, «aucune autre personne francophone n’a réussi à se faire élire à Berne», au sein d'un canton qui dispose de 24 sièges au Conseil national.

«Plusieurs candidats alémaniques ont joué la partie en solo», a constaté Manfred Bühler, en relevant que le même scénario s’est produit en 2011 avec Jean-Pierre Graber.

«Fini le temps des cadeaux», diront les autonomistes. Il ne reste à l'arrondissement administratif francophone que le Conseil du Jura bernois, un parlement régional aux pouvoirs décisionnels limités.

Cumulé à l'avenir

La solution? «Il faudra absolument que le candidat du Jura bernois soit cumulé à l’avenir», indique Manfred Bühler au «Journal du Jura». Lui se retrouve chocolat, après avoir distribué des Torino à Bienne pendant sa campagne.

«On ira avec les Ragusa à Moutier un autre jour», écrivait-il à neuf jours du scrutin. Mais aller à Aarwanger ou à Uetendorf, quand on a fait de la Question jurassienne son principal combat, c'est une démarche qui ne porte plus ses fruits.

Il ne reste désormais qu'un lot de consolation potentiel aux francophones bernois: la réélection au second tour du conseiller aux Etats Hans Stöckli (PS), ancien maire de Bienne et ardent défenseur du bilinguisme, mais qui ne fait pas du sort de Moutier son cheval de bataille.

Vincent Donzé

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