Commentaire: Une rentrée à la bougie pour le Conseil fédéral

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CommentaireUne rentrée à la bougie pour le Conseil fédéral

Les sept Sages se retrouvent mercredi. Enquête au sommet, F-35, relations avec l’UE, pénuries, inflation, guerre en Ukraine: les sujets brûlants ne manquent pas.

par
Eric Felley
Le 30 juin dernier, le Conseil fédéral était en sortie à Schaffhouse

Le 30 juin dernier, le Conseil fédéral était en sortie à Schaffhouse

Chancellerie fédérale

Ce mercredi, le Conseil fédéral se retrouve après une pause qui n’a pas été de tout repos pour certains de ses membres. Alain Berset a créé la surprise de l’été en étant forcé par l’armée de l’air française de poser son avion de tourisme. On a aussi appris que son conseiller personnel avait passé par la case prison à la suite de l’enquête de la fuite dans l’affaire Crypto AG. Cette enquête, menée par le procureur fédéral extraordinaire Peter Marti, a visé aussi le numéro deux du département d’Ignazio Cassis, Markus Seiler. De quoi échauffer les esprits dans la Berne caniculaire.

Cafouillage autour du F-35

De son côté, Viola Amherd se retrouve en difficulté dans le dossier du F-35. L’avion a fait l’objet de fortes critiques aux États-Unis cet été, où diverses avaries font l’objet d’une enquête diligentée par le Congrès lui-même. Par ailleurs, l’initiative Stop F-35 a été déposée ce mardi par la gauche pour demander l’abandon de son achat. Enfin, la procédure d’évaluation de l’avion et de ses trois concurrents fait l’objet d’un livre du conseiller national Pierre-Alain Fridez, qui parle d’un «scandale d’État».

Cafouillage avec la France

On a également appris cet été qu’Ignazio Cassis et Ueli Maurer avaient continué des tractations en juin 2021 avec la France pour l’achat du Rafale, alors que le choix du F-35 était déjà entériné par Viola Amherd. Dans cette négociation, qui a tourné au cafouillage, Bruno Le Maire avait mis dans la balance le soutien de la France à la Suisse dans tous les dossiers de politique européenne. Dommage, a-t-on envie de dire aujourd’hui. Dans la perspective des pénuries d’électricité cet hiver, nos relations frisquettes avec l’Union européenne ne vont pas aider à chauffer nos radiateurs.

Pénuries d’électricité

Dès mercredi, c’est surtout le dossier de l’électricité qui va mobiliser les forces du Conseil fédéral. Les canicules de l’été ne seront bientôt plus qu’un souvenir. Aux portes de l’automne, il faudra rallumer les chaudières. On attend de Simonetta Sommaruga qu’elle saisisse sa baguette de fée Électricité pour faire taire les spéculations alarmistes. Soit l’approvisionnement de la Suisse est assuré, soit il faudra décider quelles sont les mesures concrètes à prendre, à part acheter des bougies.

Sanctions et neutralité

Enfin, la guerre en Ukraine est toujours bien présente depuis bientôt six mois. La politique d’asile menée par Karin Keller-Sutter s’est déroulée pour l’instant sans trop de vagues. Mais les questions liées aux sanctions et à la neutralité helvétique demeurent tendues. La Russie de Poutine considère toujours la Suisse comme un pays inamical, qui s’est associé à des sanctions qu’elle juge «illégales». Pas question pour elle de reparler de bons offices. Pendant ce temps, ces sanctions ne sont pas bonnes pour les affaires.

Le président Ignazio Cassis doit donc prendre son mal en patience pour espérer renouer un jour avec son ami homologue un peu grincheux, Sergueï Lavrov. Il devra commencer par faire de la diplomatie interne au sein du collège. Quoi de mieux que d’allumer quelques bougies parfumées pour dissiper le climat de défiance qui s’est installé sous la Coupole.

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