Succession: Une rivale atypique vise les deux sièges au Conseil fédéral
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SuccessionUne rivale atypique vise les deux sièges au Conseil fédéral

Auteure d'un guide d'éducation sexuelle, Gabi Coray de Thurgovie se présente au Conseil fédéral. Elle verrait bien deux femmes élues. Sa candidature rappelle que tout citoyen suisse peut se présenter à l'élection.

par
Eric Felley
Gabi Coray a participé plusieurs fois aux élections cantonales dans le canton de Thurgovie, où elle a fait environ 20 % des suffrages la dernière fois. A Berne, c'est une autre aventure.

Gabi Coray a participé plusieurs fois aux élections cantonales dans le canton de Thurgovie, où elle a fait environ 20 % des suffrages la dernière fois. A Berne, c'est une autre aventure.

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Elle se décrit comme une femme simple, vivant dans un environnement paysan. Elle travaille dans une ferme entourée d'une ribambelle de chihuahuas et autres compagnons à poils. Elle écrit des poèmes, mais elle est particulièrement connue pour avoir publié un livre érotique intitulé «Sexualaufklärung aus der Bodenseeregion». En français: «L'éducation sexuelle dans la région du lac de Constance».

A 53 ans, Gabi Coray est un personnage en Thrugovie, où elle vit à Mauren. «Mais je suis née dans le canton de Saint-Gall», s'empresse-t-elle de préciser en présentant sa candidature pour le Conseil fédéral. Les électeurs thurgoviens la connaissent bien, puisqu'elle a participé plusieurs fois à l'élection au Conseil d'Etat en tant qu'indépendante. La dernière fois, en 2010, elle a fait 8845 voix, soit 22% des suffrages.

Pour le revenu de base

En 2011, elle s'était déjà portée candidate à Berne. Il s'agissait alors de la réélection d'Eveline Widmer-Schlumpf pour une seconde période. Cette année, le 5 décembre prochain, elle sera de retour et pas forcément contre Karin Keller-Sutter: «Il y a deux élections, s'enthousiasme-t-elle, il y a donc de la place pour deux femmes!» Sur le plan politique, les profils sont très différents. Gabi Coray défend l'économie de proximité, les petites et moyennes entreprises, les produits naturels, le revenu de base, la protection des animaux ou encore la réduction du trafic pendulaire. Ses considérations sont aussi d'ordre plus générales comme la «lutte contre la solitude» et la promotion d'une sexualité épanouie, «la plus importante des petites choses de la vie».

Si ses chances sont évidemment limitées, elle met un peu de fantaisie dans ces deux élections prévues pour la session d'hiver. Sa candidature rappelle aussi que pour être élu au Conseil fédéral, il suffit d’avoir la nationalité suisse et le droit de vote. N'importe qui peut obtenir des voix durant les deux premiers tours de scrutin. A partir du troisième, seules peuvent être élues les personnes ayant eu des suffrages lors des deux premiers tours.

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