Actualisé 09.12.2012 à 13:17

Une Romande a été expulsée du Laos

Incident

Responsable des projets menés par Helvetas au Laos, Anne-Sophie Gindroz est accusée d’avoir tenu des propos contre le gouvernement.

Anne-Sophie Gindroz est responsable des projets menés par Helvetas au Laos.

Anne-Sophie Gindroz est responsable des projets menés par Helvetas au Laos.

Helvetas / Meinrad Schade

Une responsable de l’oeuvre d’entraide suisse Helvetas en poste au Laos a été expulsée dimanche de ce pays. Les autorités l’accusent d’avoir tenu des propos contre le gouvernement.

Directrice des projets menés par Helvetas au Laos, Anne-Sophie Gindroz «est arrivée dimanche en Thaïlande voisine, d’où elle suit l’évolution de la situation», a indiqué à l’ats le porte-parole d’Helvetas Matthias Herfeldt, confirmant une information parue dans les journaux dominicaux SonntagsZeitunget NZZ am Sonntag. Le mari et les enfants de cette femme de 45 ans se trouvent eux toujours à Vientiane, la capitale du Laos.

L’oeuvre d’entraide va maintenir son programme au Laos, pour lequel elle dispose d’un budget annuel de 3,4 millions de francs, a assuré M. Herfeldt. Helvetas soutient en priorité la population rurale du pays.

Employée depuis des années chez Helvetas, Mme Gindroz est accusée par les autorités du Laos de ne pas avoir respecté la constitution et les lois du pays, a précisé le porte-parole. Le détail de ce qui lui est reproché n’a pas été communiqué.

Procédure inhabituelle

L’expulsion de la Romande est une procédure inhabituelle, a expliqué M. Herfeldt. Helvetas, qui est épaulée par les autorités suisses, attend désormais des éclaircissements.

Du côté du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), on indique que l’ambassadeur en charge du Laos et basé à Bangkok, Christoph Burgener, est en contact avec les autorités laotiennes.

Lettre critique

Selon «Radio Free Asia», le motif de l’expulsion est une lettre adressée en novembre par Mme Gindroz à des pays donateurs et à diverses organisations en vue d’une rencontre. Elle y aurait écrit que le Laos est «un pays dirigé par un régime à parti unique où il n’y a que peu de place pour un débat démocratique sensé».

«Qui veut utiliser cette possibilité limitée en subit les conséquences négatives», poursuit ce texte publié sur le site internet de «Radio Free Asia». La directrice d’Helvetas y critique en outre le fait que seuls peuvent participer à la rencontre les membres de la société civile ayant l’aval du gouvernement.

Pas contre Helvetas

Cette lettre montre que la collaboratrice d’Helvetas rejette expressément le système politique du Laos, a réagi le ministère laotien des Affaires étrangères vendredi. Les autorités lui reprochent d’avoir mené une campagne contre le gouvernement du Laos et lui ont ordonné de quitter le pays dans les 48 heures.

La mesure n’est pas dirigée contre Helvetas, a précisé le ministère. L’oeuvre d’entraide, active dans le pays depuis dix ans, a été priée d’envoyer une nouvelle directrice afin que «le bon travail d’Helvetas» puisse se poursuivre.

Le Laos compte parmi les pays les moins développés du monde. La présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf et le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter y étaient début novembre à l’occasion du Forum Asie-Europe.

(ats)

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