Éditorial: Une session de printemps sous très haute tension
Publié

ÉditorialUne session de printemps sous très haute tension

La pression du Covid-19 pèsera lourdement sur la session qui débute lundi. Enjeu: le Parlement prendra-t-il la main sur le Conseil fédéral?

par
Eric Felley
Les parlementaires vont retrouver une ambiance qu’ils commencent à connaître sous la Coupole fédérale

Les parlementaires vont retrouver une ambiance qu’ils commencent à connaître sous la Coupole fédérale

lematin.ch/felley

Le ras-le-bol des mesures de contraintes pèsera sur la session de printemps qui débute lundi pour trois semaines. Samedi, la Commission de l’économie économie et des redevances (CER) du Conseil national a communiqué plusieurs décisions visant à mettre en quelque sorte le Conseil fédéral sous ses ordres. Dans les modifications de la loi Covid-19, une courte majorité bourgeoise (12 à 11 et 1 abstention) veut inscrire dans cette loi la réouverture des restaurants, des lieux de culture, de sport et de loisirs au 22 mars. Une autre proposition demande au Conseil fédéral de changer de stratégie et de supprimer la limite des 5 personnes dans les réunions privées. Enfin une majorité de 15 voix contre 10, veut «permettre aux cantons présentant une évolution épidémiologique positive et prévoyant une stratégie de test ou de vaccins d’assouplir les mesures de lutte contre le Covid-19».

Soutenues surtout par l’UDC et le PLR, ces propositions devront trouver une majorité dans les deux Chambres. Depuis mars 2020, chaque session du Parlement se présente sous un jour nouveau. Il y a une année, la session était amputée d’une semaine, puis les parlementaires sont allés à Bernexpo en juin, en septembre, ils ont découverts les plexiglas dans les salles, en décembre le masque obligatoire partout. Pour cette session de printemps, les parlementaires, ainsi que les rares personnes autorisées à entrer au Palais fédéral, pourront faire des tests salivaires réguliers pour éviter toute intrusion du virus.

Ces conditions de session pèsent lourdement sur la vie parlementaire et la convivialité qui est d’usage dans la Berne fédérale. Les nouveaux élus de 2019 n’ont pour ainsi dire connu qu’une atmosphère d’urgence dans leur prise de fonction. Le programme de cette session s’annonce donc sous le signe du Covid-19. À part les propositions visant le Conseil fédéral ci-dessus, ce sont surtout les mesures financières pour les cas de rigueur et leur définition qui sont au programme. La question du traitement sanitaire du Covid long, pour les gens qui gardent des séquelles de leur infection, sera aussi traitée.

Des initiatives au programme

Mais, heureusement, il n’y a pas que des sujets Covid-19. Le menu du Conseil national traite de plusieurs initiatives populaires: le tirage au sort des juges fédéraux, la lutte contre l’îlot de cherté helvétique, l’interdiction de l’expérimentation animale et la protection des jeunes contre la publicité du tabac. Le Conseil des État traitera celle pour l’imposition du capital plutôt que du salaire. Par ailleurs, d’autres initiatives populaires continuent d’occuper les parlementaires sous forme de contre-projet concernant la transparence du financement des partis ou sur le renforcement des soins infirmiers.

Mais le cœur y est-il vraiment pour traiter ces sujets? C’est ce qu’on verra ces trois prochaines semaines. Il n’est pas impossible non plus que de manifestations se tiennent sur la place Fédérale, en particulier des coronasceptiques, qui viendront soutenir la fin des mesures de restriction. Les premiers débats sur la loi Covid-19 sont prévus jeudi 4 mars au Conseil des État et lundi 8 mars au Conseil national.

Votre opinion

37 commentaires