Actualisé 23.03.2020 à 10:59

FranceUne seule baguette sous le bras? Verbalisé!

Dans le Var, une commune amende ceux qui sortent pour effectuer un achat à l’unité. Les réactions sont partagées.

von
lematin.ch
Rompre le confinement pour une seule baguette? Ce sera 135 euros d'amende à Sanary-sur-Mer.

Rompre le confinement pour une seule baguette? Ce sera 135 euros d'amende à Sanary-sur-Mer.

Sur le port de Sanary-sur-Mer, dans le Var, relate «Le Parisien», les policiers guettent, prêts à verbaliser «toute personne avec une seule baguette sous le bras». Est-ce un crime d’avoir acheté un seul pain? Oui: la commune a interdit toute sortie pour effectuer un achat à l’unité.

Entré en vigueur vendredi, un arrêté local, explique «Var-Matin», stipule que «les déplacements individuels doivent être strictement limités et les achats, strictement regroupés: aucun achat à l’unité, tel que le pain ou le journal, n’est toléré.»

«C'est désolant»

En France, on peut sortir du confinement pour lutter contre la propagation du coronavirus pour aller acheter de quoi se nourrir. Mais Ferdinand Bernhard, le maire local, ne veut pas que ces sorties se multiplient. «Si une personne ne sort qu’une fois par semaine elle divise par sept le risque de contamination. Cependant, si elle sort plusieurs fois, elle l’augmente à chaque sortie, et même si la personne infectée est un porteur sain, elle risque de contaminer ensuite son entourage, peut-être plus vulnérable», détaille-t-il dans le quotidien régional.

Du bon sens? Exagéré? Les habitants sont très partagés, selon «Le Parisien». «C'est désolant. Je pense que je vais cesser d'aller chez mon boulanger pour privilégier les grandes surfaces», peste un internaute. «C'est de la solidarité intelligente!», réplique une autre.

Reversé aux soignants

A Sanary-sur-Mer, 80 procès-verbaux ont été dressés pour non respect des mesures de confinement, avec une amende de 135 euros. Mais aucun, pour l'instant, pour l'achat d'une seule baguette.

Mais serait-ce une mesure pour remplir les caisses de la commune? «Une partie des PV ira à l’Etat et l’autre aux soignants. Il faut les aider. On ne discute pas d’une question d’argent comme le pensent certains imbéciles mais de sauver un maximum de vies», rétorque Ferdinand Bernhard dans «Var-Matin».

R.M.

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