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AffairesUne solidarité à toute épreuve

Le Conseil d'Etat valaisan in corpore devant la presse pour répondre à «toutes les questions», le phénomène est inédit. Et le moins que l'on puisse dire est que le mot d'ordre était «solidarité».

par
Melina Schroeter
M.S.

Le Conseil d'Etat valaisan in corpore devant la presse pour répondre à «toutes les questions», le phénomène est inédit, même si la présence d'Esther Waeber-Kalbermatten et de Jacques Melly tenait plus d'une solidarité collégiale muette ou presque. Dans les faits, seuls les dossiers Giroud, Cleusix et la question des jetons de présence d'Oskar Freysinger ont été discutés, Jean-Michel Cina assurant surtout la traduction en allemand des propos de Maurice Tornay.

Et le moins que l'on puisse dire est que le mot d'ordre était «solidarité». Un journaliste demande à Maurice Tornay s'il est normal et courant qu'un chef de département demande expressément à ses collaborateurs de ne pas lui donner d'informations sur un dossier en cours, Jean-Michel Cina vole à son secours: «Je ferais pareil dans mon département. Si un dossier concernait une personne dont j'étais l'avocat avant d'être conseiller d'Etat, je demanderais à ne rien savoir.»

Plusieurs questions de suite sur l'incompatibilité de Maurice Tornay d'être chef du service des contributions et organe de révision et c'est Oskar Freysinger qui intervient: «On peut continuer à chercher la petite bête mais si on regarde la chronologie on voit qu'avant que Maurice Tornay soit conseiller d'Etat il n'y avait pas d'enquête et qu'après qu'il soit conseiller d'Etat il y a une enquête. C'est bien la preuve de sa bonne foi.»

Et quand on reproche au président du gouvernement d'avoir attendu avant de prévenir ses collègues de l'enquête fiscale touchant Giroud Vins, c'est Jacques Melly qui prend la parole – pour l'unique fois de la conférence: «Auparavant il n'y avait pas d'affaire. C'était un dossier traité par le service fiscal. C'est la presse qui en a fait une affaire. Maurice Tornay n'avait pas à nous alerter. C'est l'ampleur de la situation qui nous a poussé à en parler et à enquêter.»

Enfin quand on demande à Maurice Tornay si, en tant que fiduciaire et organe de révision de Giroud Vins, il ne s'était jamais posé de questions sur les revenus de l'entreprise, Jean-Michel Cina l'aide à nouveau: «En 2003 et 2006, il y a eu d'autres contrôles au niveau cantonal et rien n'a été détecté. C'est aussi une question de moyens que la Confédération a et pas le canton.»

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