Canada  - Une statue d’un architecte des pensionnats autochtones déboulonnée 
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Canada Une statue d’un architecte des pensionnats autochtones déboulonnée

À Toronto, la statue d’Egerton Ryerson a été renversée, après la découverte de 215 dépouilles d’enfants à proximité d’un pensionnat autochtone dans l’ouest du Canada.

Un homme donne des coups de marteau sur la statue renversée d’Egerton Ryerson, l’un des architectes du système de pensionnats autochtones, à Toronto, le 6 juin 2021.

Un homme donne des coups de marteau sur la statue renversée d’Egerton Ryerson, l’un des architectes du système de pensionnats autochtones, à Toronto, le 6 juin 2021.

AFP

Une statue d’un des architectes des pensionnats autochtones a été déboulonnée dimanche à Toronto à la suite d’une manifestation en hommage aux 215 enfants dont les restes ont été récemment découverts sur le site d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique. La statue d’Egerton Ryerson, située sur le campus de l’université qui porte son nom, au centre-ville de Toronto, a été déboulonnée en début de soirée dimanche après le passage de la manifestation, a expliqué à l’AFP un témoin qui a requis l’anonymat.

La statue a été renversée à l’aide d’une corde attachée à une voiture, a précisé le témoin. Une vidéo du déboulonnement a été diffusée sur les réseaux sociaux. On peut y voir une corde accrochée au visage de la statue et entendre une voiture démarrer. Recouverte de graffitis et aspergée de peinture rouge, la statue gisait dimanche soir à quelques mètres de son piédestal. Plusieurs dizaines de personnes étaient rassemblées. Certains ont donné des coups de marteau sur le visage de la statue.

«Génocide culturel»

«C’en est trop, c’en est vraiment trop. Il était grand temps que cette statue tombe» a affirmé à l’AFP Craig St.Denis, un métis de 36 ans dont le grand-père a été interné dans l’un de ces pensionnats. «Pour mon peuple et le peuple des Premières Nations, c’est un symbole de guérison» a-t-il ajouté. Egerton Ryerson a été au XIXe siècle l’un des architectes du système des pensionnats autochtones dont l’histoire tragique a refait surface fin mai après l’annonce par la communauté de Tk’emlúps te Secwépemc de la découverte de 215 dépouilles d’enfants à proximité du pensionnat autochtone de Kamloops, dans l’ouest du Canada. Ces derniers jours, des appels avaient été lancés pour changer le nom de l’université et retirer la statue.

Ces pensionnats, gérés par l’Eglise catholique au nom du gouvernement canadien, avaient pour but de retirer les enfants autochtones à leurs communautés pour les assimiler à la culture dominante. Quelque 150’000 enfants amérindiens, métis et inuits ont été enrôlés de force dans 139 pensionnats semblables à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture. En 2015, une commission nationale d’enquête a qualifié ce système de «génocide culturel». Dimanche, le pape François a exprimé sa «douleur» concernant la découverte des restes des enfants, sans aller jusqu’à s’excuser malgré de multiples appels en ce sens depuis plusieurs jours.

(AFP)

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