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CommentaireUne surmortalité en Suisse qu’il faut assumer

Les chiffres sont implacables et posent la question: notre gestion libérale de la deuxième vague n’a-t-elle pas condamné trop de personnes?

par
Eric Felley

Depuis le début de l’épidémie, la question de la surmortalité a fait l’objet de nombreux commentaires, notamment sur le fait qu’en Suisse, on ne constatait pas une augmentation significative des décès et qu’on prenait des mesures pour rien. Les chiffres publiés hier par l’Office fédéral de la santé (OFS) démontrent que la situation s’est gravement péjorée durant l’année 2020. Il faut remonter à la grippe espagnole de 1918 pour trouver un phénomène aussi fort selon les chiffres disséqués par la RTS.

Alors que l’OFS prévoyait quelque 68 400 décès pour la période, la Suisse en a enregistré plus de 75 900, soit +11%. Comme on pouvait le pressentir, cette surmortalité a touché les gens de plus de 65 ans, soit 7200 décès. Mais la pandémie n’a pas touché que des gens en fin de vie au-delà de 80 ans. À partir de 70 ans, la surmortalité est en hausse, alors que l’espérance de vie est encore d’une quinzaine d’années à partir de cet âge.

Si la première vague de mars à avril avait déjà fait des dégâts, c’est surtout la deuxième vague depuis la mi-octobre qui a été plus la plus meurtrière avec une moyenne quasi constante de 80 décès par jour. Encore hier mardi, 98 personnes étaient annoncées décédées du Covid-19. Depuis la mi-octobre, la surmortalité représente 7100 décès. Ce qui est le plus inquiétant est que l’année 2021 continue sur la même lancée.

Est-ce que la Suisse paie le prix de sa politique libérale en matière de mesures pour lutter contre la pandémie? C’est une question qu’il faut se poser. Elle sous-entend que notre politique visant à éviter à tout prix de confiner a fini par avoir un coût très élevé en vies humaines. Il est difficile d’établir a posteriori si davantage de restrictions auraient eu pour conséquences moins de décès. Mais tout porte à croire que les mesures prises depuis le mois d’octobre ont laissé trop d’espace au virus. Est-ce qu’en prenant davantage de mesures, on aurait sauvé des vies? Autrement dit: est-ce qu’en ne les prenant pas, on a condamné des gens? Trop peut-être?

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