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Fin du taux plancherUne table ronde se penche sur le franc fort sans succès

A court terme, le ministre Johann Schneider-Ammann mise toujours sur le chômage partiel pour aider les entreprises.

M.Schneider-Ammann, la formation fait partie des conditions générales qu'il faut améliorer sur le long terme.

M.Schneider-Ammann, la formation fait partie des conditions générales qu'il faut améliorer sur le long terme.

Archives, Keystone

Le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann a réuni ce jeudi 29 janvier les partenaires sociaux autour d'une table ronde consacrée au franc fort. Aucune piste nouvelle pour soutenir la place économique n'en a émergé.

Tenue juste après l'annonce de premiers licenciements dans l'entreprise Solo Swiss à Porrentruy, la rencontre a surtout servi à faire le point. «Chaque poste qui doit être sacrifié à cause de l'abandon du taux plancher est à regretter», a déclaré le conseiller fédéral à la presse. Il faut essayer d'en éviter d'autres.

A court terme, le ministre mise sur la possibilité pour les employeurs de recourir au chômage partiel. Malgré l'annonce d'une récession par l'institut de recherches conjoncturelles zurichois KOF, un plan de relance n'est pas d'actualité et personne ne l'a réclamé lors de la table ronde, a précisé le libéral-radical.

Capacité d'innovation

L'Union suisse des arts et métiers exige 100 millions de plus pour la formation. Selon son directeur Hans-Ulrich Bigler, cela permettrait d'améliorer la compétitivité des entreprises. Des personnes bien formées peuvent améliorer les capacités d'innovation et les processus dans les entreprises, a-t-il relevé.

Pour M.Schneider-Ammann, la formation fait partie des conditions générales qu'il faut améliorer sur le long terme. Aucun chiffre n'a été discuté lors de la table ronde, mais des propositions seront faites dans le cadre du prochain message sur la formation.

Partenaires sociaux responsables

La question des salaires relève des partenaires sociaux, ont répété ministre et patronat. Selon M.Bigler, baisser uniquement les rémunérations des frontaliers comme l'envisagent certaines entreprises poserait toutefois des problèmes juridiques s'il n'y a pas d'équilibre avec les autres salariés.

Pour le président de l'Union syndicale suisse Paul Rechsteiner, ce n'est de toute façon pas aux employés de supporter les risques liés au franc fort. La menace de pertes d'emploi ne pourra pas être écartée avec le chômage partiel. «C'est à la Banque nationale suisse d'agir.» Et le syndicaliste d'exiger le rétablissement d'un taux plancher pour l'euro d'au moins 1,20 franc.

Le président de la faîtière travail.suisse Martin Flügel craint de son côté que le choc n'engendre des mesures dommageables à long terme. Ce ne serait à ses yeux pas une bonne idée de geler la stratégie énergétique comme l'ont réclamé certains représentants de l'économie ou de soutenir les entreprises au prix de pertes fiscales exagérées via la 3e réforme de la fiscalité des entreprises.

Une nouvelle table est agendée fin février en vue de «définir des orientations communes pour préserver l'emploi», précise les services de Johann Schneider-Ammann.

(ats)

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