Bluffant: Une télévision contrôlée par la pensée grâce à l’EPFL
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BluffantUne télévision contrôlée par la pensée grâce à l’EPFL

L’école polytechnique lausannoise a présenté un prototype permettant de zapper ou de lancer un film sans utiliser de télécommande.

par
Renaud Michiels
Le système a été présenté à San Francisco. Ici, l'utilisateur choisit un film.

Le système a été présenté à San Francisco. Ici, l'utilisateur choisit un film.

DR

Ça y ressemble mais ce n’est pas de la science-fiction: la semaine dernière à San Francisco, Samsung et l’EPFL ont présenté un prototype permettant de contrôler une télévision avec sa pensée. «L’idée de départ était de tenter d’apporter une assistance aux personnes souffrant de handicaps moteurs, pour qu’elles puissent davantage interagir avec leur environnement. Ce projet a commencé au printemps, nous n‘en sommes qu’au début», nous explique le chercheur de l’EPFL Ricardo Chavarriaga, de la CNBI, pour chaire en interface non invasive cerveau-machine.

Un projet jeune, baptisé Pontis, mais qui fonctionne déjà. «Après un entraînement de 15 à 30 minutes, le système obtient 70 à 80% de bonnes sélections sur un menu du téléviseur. Mais nous n’avons pas encore évalué l’expérience utilisateur. Nous allons très bientôt tester le système avec des personnes réellement en situation de handicap. Et on aura alors leur feedback, ce sera très précieux», détaille Ricardo Chavarriaga.

Deux technologies combinées

Concrètement, le système combine deux technologies. Il mesure l’activité oculaire, grâce à des «eye trackers» positionnés soit sur des lunettes soit sur une plateforme disposée devant l’utilisateur. Et il mesure l’activité cérébrale grâce à un bonnet comptant pour l’instant 64 électrodes. Les informations recueillies sont décodées par un logiciel installé sur un ordinateur et transmises au téléviseur.

Grâce à ses intentions et ses mouvements oculaires, la personne peut donc choisir les options souhaitées sur un menu sur la télévision. Et donc au final zapper, augmenter le son ou encore lancer un film. «Nous voulons aussi que le système apprenne à connaître la personne, s’adapte à ses préférences», ajoute le chercheur. Magique.

D'autres applications possibles

Mais pas de précipitation: il ne faut pas s’attendre à pouvoir acheter ou recourir à ce système dans quelques semaines. On parle de recherche: il est bien trop tôt pour savoir si le projet va aboutir puis si une commercialisation serait envisageable. Ce qui ne veut pas dire que l’EPFL ne planche pas sur du concret. Exemple? «Mieux comprendre le processus d’attention visuelle pourrait demain déboucher sur des applications pour les contrôleurs aériens, les pilotes ou pourquoi pas tout conducteur de voiture», note Ricardo Chavarriaga.

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