Actualisé 26.07.2018 à 12:01

«Une tempête dans un verre d'eau» pour Macron

Affaire Benalla

Le président Français Emmanuel Macron estime avoir «dit ce qu'il avait à dire» sur l'affaire Benalla.

L'affaire Benalla, du nom d'un ex-collaborateur du président français, n'est qu'une «tempête dans un verre d'eau», a déclaré jeudi Emmanuel Macron à l'AFP, lors d'un déplacement dans le Sud-Ouest de la France.

«J'ai dit ce que j'avais à dire, c'est-à-dire que je crois que c'est une tempête dans un verre d'eau. Et pour beaucoup, c'est une tempête sous un crâne», a dit le président à une journaliste de l'AFP, avant de rencontrer une délégation d'agriculteurs.

«Moi, ça ne me touche pas beaucoup, ne vous inquiétez pas, là je suis avec mes concitoyens», a ajouté M. Macron, qui a passé cinq minutes devant la mairie de Campan dans les Hautes-Pyrénées (sud-ouest) à saluer la foule, avant de prendre un selfie avec des scouts de France.

Quelqu'un a lancé dans la foule: «bonjour Manu!». Ce à quoi le président a répondu, avec le sourire: «ah non, ne faites pas de la provoc!». Le 18 juin, lors d'un échange polémique avec un adolescent qui l'avait appelé «Manu», Emmanuel Macron avait rétorqué: «tu m'appelles monsieur le président de la République, ou monsieur. D'accord?».

Opposition non satisfaite

Pas de quoi répondre aux attentes de l'opposition qui ne cesse de lui demander de venir s'expliquer «devant les Français» et non, seulement, devant des membres de sa majorité ou au détour d'une visite, comme il l'a fait depuis mardi, après plusieurs jours d'un silence très critiqué. Ni celles des commentateurs, qui lui ont reproché une certaine arrogance dans sa gestion de la crise et son refus de rendre des comptes. Jeudi matin le chef de file des députés Les Républicains (opposition, droite) Christian Jacob l'a ainsi sommé à nouveau de «s'expliquer face aux Français», sans «morgue» ni «provocation», en dénonçant «une dérive monarchique».

L'Élysée et le gouvernement sont sous un feu nourri de critiques depuis que Le Monde a révélé le 18 juillet l'identité d'un homme filmé en train de molester des manifestants le 1er mai : Alexandre Benalla, proche du couple Macron, adjoint du chef de cabinet de l'Élysée. Il était là en «observateur» parmi les policiers mais n'en arborait pas moins des insignes de police et ses agissements n'ont pas été signalés à la justice.

Concernant la sanction

Jeudi, auditionné par la commission des Lois du Sénat, le bras droit du président Macron Alexis Kohler a justifié la suspension de 15 jours imposée à Alexandre Benalla : «Je maintiens qu'à la lumière des faits connus depuis lors, la sanction peut apparaître insuffisante mais que, symétriquement, au regard des éléments connus le 2 mai, la sanction était proportionnée».

Le secrétaire général de l'Élysée est apparu à plusieurs reprises hésitant, voire embarrassé, pour répondre à des questions sur un port d'armes délivré à M. Benalla ou encore un appartement de fonction dans une dépendance de l'Élysée, qui lui a été attribué en juillet.

«Le soufflé finira-t-il par retomber» comme s'interroge jeudi le quotidien conservateur Le Figaro ? Les commentaires restent abondants sur les réseaux sociaux. Lundi, les premières auditions parlementaires ont passionné les téléspectateurs, avec des audiences importantes, selon les chaînes.

Dire que cela «n'intéresse pas les Français, c'est vraiment se moquer des gens», a lancé jeudi M. Jacob, après que le président Macron eut affirmé mercredi que ce n'était pas un sujet dont ils «parlent». Pour le quotidien économique Les Echos, «l'exécutif mise sur l'été pour éteindre l'incendie».

(AFP)

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