Koweït - Une transgenre envoyée en prison pour avoir «imité le sexe opposé»
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KoweïtUne transgenre envoyée en prison pour avoir «imité le sexe opposé»

Maha al-Mutairi, 40 ans, a été condamnée à 2 ans d’emprisonnement par un tribunal koweïtien, dénonce jeudi l’ONG Human Rights Watch.

Le Koweït a condamné à 2 ans de prison une femme transgenre pour avoir «imité le sexe opposé», selon l’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) qui exhorte jeudi les autorités de ce pays du Golfe conservateur à la libérer.

«Un tribunal a condamné Maha al-Mutairi, 40 ans, à 2 ans de prison et à une amende de 1000 dinars koweïtiens (env. 3000 francs) pour avoir «abusé des communications téléphoniques» en «imitant le sexe opposé», a déclaré HRW dans un communiqué.

La loi koweïtienne criminalise le fait d’«imiter le sexe opposé» et selon HRW, les femmes transgenres dans le pays subissent diverses formes d’abus de la part de la police pendant leur détention.

«Ces lois violent les droits à la liberté d’expression, à la vie privée et à la non-discrimination garantis par la constitution koweïtienne et le droit international», a fustigé l’ONG, appelant les autorités à «immédiatement la libérer et annuler la condamnation».

Maha al-Mutairi a été arrêtée à plusieurs reprises par le passé pour les mêmes motifs, a déclaré son avocate, Me Ibtissam al-Enezi. Mais la dernière condamnation, qui inclut «l’utilisation abusive» d’internet, reste de loin «la plus sévère» de toutes, a-t-elle souligné, précisant qu’une audience d’appel est prévue le 31 octobre.

Violation «flagrante» des droits fondamentaux

Selon Me al-Enezi, sa cliente a demandé à être transférée vers une prison pour femmes après avoir été placée dans une cellule destinée aux détenus transgenres dans une prison pour hommes. «Nous avons demandé un sursis à l’exécution de la peine. Nous nous attendons à ce qu’elle soit libérée», a précisé l’avocate.

La surveillance exercée par le gouvernement koweïtien et les arrestations répétées de Maha al-Mutairi constituent une «violation flagrante» de ses droits fondamentaux, a estimé Rasha Younes, chercheuse sur les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) pour HRW.

(AFP)

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