Autoroute: Une vignette plus chère pour les étrangers ?
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AutorouteUne vignette plus chère pour les étrangers ?

Conseiller national PLR et vice-président du TCS, l’Argovien Thierry Burkart propose de surtaxer le sésame pour les voitures immatriculées à l’étranger.

par
Philippe Clément
L’initiative du conseiller national PLR Thierry Burkart prévoit de surtaxer la vignette autoroutière pour les véhicules qui sont immatriculés à l’étranger.

L’initiative du conseiller national PLR Thierry Burkart prévoit de surtaxer la vignette autoroutière pour les véhicules qui sont immatriculés à l’étranger.

Gaëtan Bally, Keystone

Surtaxer la vignette autoroutière vendue aux automobilistes venant de l’étranger? C’est l’initiative que veut lancer le conseiller national PLR argovien Thierry Burkart comme le relatait hier SonntagsBlick. Son argumentaire? «Le système actuel est injuste, les véhicules à plaques étrangères devraient participer plus pour utiliser nos autoroutes.» Sa logique est simple: à 40 francs pour une année, la vignette autoroutière suisse est «bon marché» si l’on compare avec les pays voisins. Or, si l’on tient compte des taxes que les automobilistes suisses paient en plus, via la taxe cantonale d’immatriculation et l’impôt sur les huiles minérales, on peut en effet considérer que les étrangers sont «avantagés».

Un argument qui ne convainc pas François Launaz, le président d’Auto-Suisse: «La vignette autoroutière est censée contribuer à l’entretien du réseau. Or, en roulant sur nos autoroutes, une voiture immatriculée en Allemagne, en Norvège ou au Portugal ne va pas «user» plus la chaussée qu’une voiture immatriculée en Suisse. Vouloir faire payer la vignette plus cher aux étrangers, ça serait un peu comparable à faire payer le billet de train plus cher au pro rata du poids du passager! Ça n’est pas défendable.»

«Surcroît d’administration»

Faut-il alors y voir une mesure un peu revancharde, sachant que certains de nos «voisins» (Autriche, Slovénie et, bientôt, Allemagne, par exemple) majorent les vignettes temporaires, achetées en majorité par des étrangers?

«C’est un argument que je pourrais imaginer, admet François Launaz, mais que je ne cautionne pas. Évidemment, ça représenterait une entrée d’argent supplémentaire. Mais que ce soit le PLR qui fasse cette proposition me surprend! Ce parti se bat constamment contre les excès de la bureaucratie et voilà qu’il vient proposer un système dans lequel les cantons frontaliers devraient effectuer les contrôles, prélever le montant des vignettes, pour le redistribuer ensuite à la Confédération? Imaginez un peu le surcroît d’administration…»

Sans oublier que la Confédération planche actuellement sur la «vignette électronique», liée à la plaque d’immatriculation, pour remplacer le traditionnel autocollant. Ce système, sur lequel on pourrait s’enregistrer pour un an, via une application Web, va-t-il permettre une distinction entre autochtones et étrangers? Être à un pas en direction du mobility pricing? Permettre un système de tarification différent, tenant compte du bilan CO2 du véhicule? La vignette n’a pas fini de faire débat…

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