Actualisé 06.02.2015 à 12:43

ConstructionUnia dénonce des conditions «scandaleuses» sur des chantiers

Unia rapporte que des ouvriers ont dû travailler malgré des alertes météo ces derniers jours à cause du froid et de la bise. La santé des ouvriers est en jeu, selon le syndicat.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

Travailler sur des chantiers lors de conditions météorologiques particulièrement dures relève du scandale, dénonce ce vendredi 6 février Unia. Le syndicat avance ses propositions pour remédier à cette situation en Suisse. La santé des ouvriers est en jeu, selon lui.

Malgré des alertes météo ces derniers jours à cause du froid et de la bise, des ouvriers ont dû travailler. Un grand chantier Implenia à Yverdon (VD) est «l'exemple à ne pas suivre», affirme le secrétaire syndical Jéronimo de Sousa. Seule réponse patronale: «à - 5 degrés, on peut bétonner», relate le responsable, indigné.

La rentabilité passe au-dessus de la santé de travailleurs, déplore Pietro Carobbio, responsable du secteur de la construction à Unia Vaud. A la veille de renégociations en mars de la convention collective et de l'assurance intempéries, le syndicat demande l'établissement de critères clairs qui permettent de définir quand il faut arrêter de travailler et comment sont compensés ces jours d'interruption.

Des vies en jeu

Présents à la conférence de presse, des travailleurs ont témoigné des conditions extrêmes dans lesquelles ils se trouvent parfois. «Sa santé ou le rendement, c'est le quotidien pour nous. On n'est pas contre les patrons, mais c'est ma vie», explique un maçon. Un grutier dénonce pour sa part les risques pris malgré des rafales de bise et parle d'un collègue menacé de licenciement, parce qu'il a refusé de monter dans sa grue.

Les pressions sont énormes pour l'aboutissement des travaux. Les pénalités en cas de retard peuvent atteindre des dizaines de milliers de francs, relève Unia. Aujourd'hui, les travailleurs doivent être totalement flexibles. Ils font les frais de «ce stress permanent» afin d'achever des constructions dans les temps impartis.

Fin du flou

Face à cette situation, le syndicat Unia veut la fin du «flou» qui entoure la notion d'intempéries. Il cite en exemple le modèle autrichien qui fixe le froid ressenti ou la quantité de pluie ou de neige pour que l'arrêt du travail soit décidé. Jeudi, le syndicat est parvenu à interrompre deux importants chantiers à Zurich, dont le plus gros de la ville.

Mais Unia ne veut plus de perte de salaire en cas d'intempéries. Une compensation devrait être possible avec les heures variables pour les courts arrêts si les heures ne peuvent pas être payées par le chômage. Enfin, il faudrait pouvoir déclarer les heures perdues au chômage et envisager la création d'un fonds de compensation dont le financement est à discuter.

Moins bien que les animaux

«Les travailleurs de la construction sont aujourd'hui moins bien traités que des animaux», déplore Unia. «On dit aux ferrailleurs de mettre des gants, mais ce n'est pas possible: on n'arrive pas à attacher. Après tu vois le sang sur les mains à cause des crevasses dues au froid», a témoigné vendredi un travailleur.

(ats)

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