02.12.2014 à 14:27

ONUUnilever et Nestlé plaident pour les droits humains

Les présidents d'Unilever et de Nestlé ont plaidé mardi à Genève pour que les entreprises s'engagent davantage dans la promotion des droits de l'homme.

Le CEO de Nestlé a plaidé à Genève pour la promotion des droits humains

Le CEO de Nestlé a plaidé à Genève pour la promotion des droits humains

Keystone

Les valeurs à long terme sont importantes, ont souligné mardi 2 décembre les présidents d'Unilever et de Nestlé, plaidant pour les droits de l'homme.

«Dans une société transparente et interconnectée, il est de moins en moins possible de se cacher», a déclaré le PDG d'Unilever Paul Polman devant 1500 délégués réunis au Palais des Nations pour la troisième édition du Forum de l'ONU sur les entreprises et les droits humains.

Pour le responsable de la multinationale anglo-néerlandaise, il s'agit non seulement «de ne pas faire le mal», mais de savoir «où on peut faire le bien». La société travaille avec ses fournisseurs pour appliquer les meilleures pratiques, a-t-il affirmé.

«Il faut travailler plus dur pour promouvoir les droits de l'homme, pas seulement les respecter», a déclaré Paul Polman.

Nestlé doit servir d'exemple

Le PDG de Nestlé Paul Bulcke lui a fait écho plus tard dans le débat. Il a affirmé qu'il est important «d'adopter une ligne de conduite au quotidien où que nous soyons».

«Nestlé se doit de donner l'exemple et de jouer un rôle de chef de file dans la promotion des droits de l'homme», a-t-il déclaré.

Les principes directeurs établis par l'ONU ont été intégrés par Nestlé et un groupe de travail a été créé au sein de l'entreprise pour les faire appliquer, a précisé le patron de l'entreprise basée à Vevey. «Si une entreprise veut prospérer, elle doit vivre en harmonie avec la société dans laquelle elle travaille», a souligné Paul Bulcke.

Toutefois, Nestlé avec ses 140'000 employés et ses 460 usines «ne peut résoudre à elle seule les problèmes de la terre», qu'il s'agisse de sécurité alimentaire, d'accès à l'eau, de travail des enfants, a-t-il dit. Il a plaidé en faveur de la participation à des initiatives et de la conclusion de partenariats.

La secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI) est intervenue pour «remettre les choses dans leur contexte». Elle a dénoncé le fait que 2,9 milliards de travailleurs vivent dans des conditions précaires, que 200 millions au moins sont chômeurs et 30 millions réduits en esclavage. Le secteur informel, où les droits syndicaux ne sont pas respectés, représente quelque 40% de la main d'oeuvre mondiale, selon la CSI.

Un organisme pour mesurer les progrès

Georg Kell, directeur exécutif du Pacte mondial de l'ONU, qui regroupe quelque 800 entreprises, a fait état de «progrès énormes dans la lutte contre l'extrême pauvreté», mais en même temps «d'importants défis en matière de gouvernance mondiale».

A l'ouverture du Forum, le président de la réunion, le milliardaire anglo-soudanais Mo Ibrahim a plaidé pour la création d'un organisme indépendant pour mesurer les progrès. Cet organisme devrait être créé en dehors de l'ONU «pour ne pas être l'otage de telle ou telle partie».

Le Forum, organisé jusqu'à mercredi, fait suite à l'adoption par le Conseil des droits de l'homme en 2011 des principes directeurs sur les entreprises et les droits de l'homme. Ces principes sont volontaires.

Estimant que c'est insuffisant, un groupe de pays en développement a proposé l'élaboration d'un traité contraignant notamment pour les pays d'origine des multinationales. La première réunion du groupe de travail est prévue en juillet prochain.

(ats)

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