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CYCLISMEUran voit la vie en rose au pays du vin rouge

Dans le vignoble de Barolo, le Colombien a profité du contre-la-montre pour remporter l'étape et s'installer dans le fauteuil de leader du Giro, à la place de Cadel Evans.

Rigoberto Uran (Omega Pharma) a pris le pouvoir dans le Giro à l'issue de la 12e étape, un contre-la-montre de 41,9 km qu'il a survolé. Le Colombien a battu de plus d'une minute ses rivaux sur le parcours exigeant tracé dans les vignobles du Piémont entre Barbaresco et Barolo. Uran (27 ans) s'est imposé avec 1'17'' d'avance sur son dauphin italien Diego Ulissi, et 1'35'' sur l'ancien porteur du maillot rose Cadel Evans. Sa marge sur le vétéran australien est de 37'' au classement général.

«Je n'ai pas pu tout donner», a réagi Evans, qui a frôlé la sortie de route en fin d'étape. «J'avais dit ces jours derniers qu'Uran me semblait facile mais je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi fort», a poursuivi l'Australien de 37 ans après un chrono qui devait lui permettre d'asseoir son pouvoir avant l'entrée en haute montagne.

Cadel Evans, qui n'était que 9e au premier chronométrage intermédiaire (au sommet de la principale côte, Km 12), a annoncé aussi un changement de stratégie. «Avoir perdu le maillot rose n'est pas une tragédie. C'est peut-être même un avantage au vu de ce qui nous attend», a souligné le leader de la formation américano-suisse BMC.

Une première colombienne

Rigoberto Uran, qui s'était classé 4e du contre-la-montre final du Tour de Romandie au début du mois, a donc confirmé sa progression dans ce domaine. Il a endossé pour la première fois de sa carrière la tunique rose, au terme d'une étape où la pluie a longtemps gêné les concurrents avant de cesser pour les derniers partants. Il est d'ailleurs le premier Colombien à porter le maillot de leader dans l'histoire du Giro.

Le médaillé d'argent de la course sur route des JO de Londres avait pris l'an passé la 2e place finale d'un Giro qu'il avait abordé dans le rôle de lieutenant de Bradley Wiggins. Il avait aussi gagné une étape de montagne. Cette fois-ci, il a devant lui la perspective d'inscrire son nom au palmarès.

Né dans les environs de Medellin, en altitude, il a perdu pendant l'enfance son père, victime d'une balle perdue dans une fusillade de narcotrafiquants. Le jeune ‹Rigo› a dû vendre des billets de loterie dans la rue pour assurer la subsistance à sa famille. Avant de se consacrer au cyclisme et gagner l'Italie à l'âge de dix-huit ans, en prélude à une consistante carrière professionnelle.

Morabito reste dans le top 10

Le Polonais Rafal Majka, 4e du contre-la-montre, occupe la 3e place du général à 1'52'' d'Uran, le grimpeur italien Domenico Pozzovivo la 4e (à 2'32''). Le Valaisan Steve Morabito, 27e de l'étape à 3'46'' du nouveau leader, a conservé sa place dans le top 10 du général (9e à 4'20'').

Ce contre-la-montre a également souligné les difficultés de Nairo Quintana. Favori du Giro au départ de Belfast, le Colombien lâché 2'41'' à Uran. «Je me suis donné à fond mais j'ai eu du mal à respirer. J'espère que ça va aller mieux», a déclaré Quintana en se plaignant d'une infection à la gorge. Au classement général, il pointe désormais à près de trois minutes et demie de son compatriote.

Vendredi, les sprinters se voient offrir une dernière chance de s'illustrer avant la montagne à l'occasion de la 13e étape, de Fossano à Rivarolo Canavese (157 km).

(SI)

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