La Poste: Urs Schwaller veut revoir les tarifs du courrier
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La PosteUrs Schwaller veut revoir les tarifs du courrier

Le président du conseil d’administration explique la stratégie de La Poste de supprimer 600 offices. Et vise une hausse des tarifs de port pour 2019.

par
Christine Talos
Urs Schwaller défend la politique de La Poste.

Urs Schwaller défend la politique de La Poste.

Keystone

L'annonce avait fait l'effet d'une bombe le 26 octobre dernier: La Poste indiquait qu'elle allait supprimer d'ci 2020 jusqu'à 600 filiales sur les 1400 offices actuels, mettant en péril quelque 1200 postes. Depuis, c'est la colère, tant du côté des usagers que des collaborateurs. Mais le président du conseil d'administation du géant jaune, Urs Schwaller, défend ce jeudi cette stratégie.

Interrogé par La Liberté et le Tages-Anzeiger, l'ancien conseiller aux Etats fribourgeois estime qu'il n'y a pas de stratégie: «Nous devons nous adapter au changement de comportement de la clientèle et à la digitalisation de l’économie», explique-t-il. Et de préciser plus loin: «La Poste doit agir suffisamment tôt pour rester performante. Le maintien de structures dépassées ne rend service à personne.»

Critiques contre Syndicom

Urs Schwaller s'en prend aussi au syndicat Syndicom qui a publié la carte des emplois menacés. «Syndicom met de l’huile sur le feu avec des cartes qui ne correspondent pas à la réalité», critique-t-il. Et de citer, dans une autre interview parue ce jeudi également dans le Tages-Anzeiger: «Il a été dit que dans le canton de Fribourg il n'y aurait plus que 9 bureaux de poste et dans le Jura plus que 3 ou 4. C'est alarmiste», estime-t-il. «D'autant plus que les consultations avec les cantons et les communes ont à peine commencé», selon lui.

En outre, estime-t-il, les emplois seraient bien plus menacés si La Poste ne faisait rien. «La Poste doit s’adapter à l’évolution de la demande (...) Les offices supprimés seront remplacés par des agences postales ou d’autres points d’accès, si possible sans licenciement».

La mission fondamentale de la Poste exige une certaine couverture en offices postaux sur le territoire. «Mais selon moi, il n'est pas réaliste d'atteindre un résultat équilibré en l'état. En ce moment, le déficit est trop grand, d'où la nécessité de réduire le nombre de bureaux de poste», explique-t-il. Aujourd'hui, le déficit est plus proche de 200 millions que de 100

Hausse du prix du courrier en vue

Quant à savoir si le géant jaune allait encore réduire la voilure après 2020, l'ex-sénateur reste prudent. «Le marché évolue très rapidement. Il y a dix ans, qui aurait parié sur Uber ou sur Airbnb? Tout dépendra de l’évolution de la concurrence et du cadre législatif», lance-t-il en rappelant que La Poste devait faire face à un marché libéralisé dans lequel elle ne bénéficie plus que du monopole des lettres de moins de 50 grammes. Un monopole «indispensable pour que nous puissions financer nous-mêmes le service universel», dit-il encore.

Et Urs Schwaller en profite pour annoncer dans le Tagi que justement les prix du courrier allaient sans doute être revus à la hausse prochainement. «Les accords avec le surveillant des prix expirent bientôt, raison pour laquelle nous allons devoir mener cette discussion. Mon objectif est d'augmenter le prix du port pour 2019», lance-t-il.

Par ailleurs, des économies supplémentaires devraient être annoncées. Les mesures sont actuellement en phase d'examen. Un programme d'économie est actuellement en discussion et concerne les divisions Finances, Personnel et Communication où travaillent 1500 collaborateurs. La Poste prévoit de faire 30% d'économie dans ce secteur d'ici 2020. Les mesures concrètes ne sont pas encore définies, mais elles ne conduiront certainement pas à la suppression de 30% du personnel, selon Urs Schwaller.

Concurrence rude

Si La Poste peut continuer dans ce marché, les gains resteront en Suisse tout comme les places de travail, ajoute le président. La concurrence est rude. «Amazon peut répercuter ses coûts bas de logistique sur le produit. Nous non», indique l'ancien sénateur.

«Notre pouvons répliquer par encore plus d'efficacité dans le tri et la distribution et la qualité du service», selon Urs Schwaller. La distribution le samedi et le dimanche ou le jour même d'une commande reviendront sur la table de discussion. «Une certaine ouverture d'esprit est demandée», selon le Fribourgeois.

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