Tennis: US or not US? La base recadre Djokovic

Publié

TennisUS or not US? La base recadre Djokovic

Après Dan Evans, Danielle Collins a fait entendre la voix de ceux qui ont besoin de jouer. Même à huis clos.

par
Sport-Center
Novak Djokovic, à Belgrade, lors de la présentation de son Adria Tour, série de tournois exhibition dans les Balkans.

Novak Djokovic, à Belgrade, lors de la présentation de son Adria Tour, série de tournois exhibition dans les Balkans.

Après la WTA, c'était au tour de l'ATP de sonder ses membres, mercredi, au sujet des scénarios de reprise. Et comme l'a résumé le Slovaque Lukas Lacko sur Twitter, ce fut long et chaud. «400 personnes connectées, 3h36 de réunion, beaucoup de sujets abordés dont la proposition de l'USTA qui a déjà filtré dans la presse. Décision dans cinq jours (...) Mes sentiments sont partagés. L'ambiance va être tendue parmi nous ces prochains jours.»

Pour être tout à fait honnête, l'ambiance s'était déjà considérablement refroidie un peu plus tôt. L'objet de la discorde, cet US Open que la fédération américaine veut absolument disputer (dès le 24 août) en respectant un protocole sanitaire strict (huis clos, hôtel-bunker près de JFK, un seul membre du staff sur site) et un format réduit (mini-tableau de doubles, pas de qualifications). Une perspective qui divise les deux «Top 100» en deux camps. D'un côté, les stars qui traînent les pieds et militent plus ou moins ouvertement contre cette solution (Djokovic, Nadal, Kyrgios, Serena Williams). De l'autre, le cœur du peloton, qui ne prétend à aucun titre, mais tire la langue et crie son besoin de retravailler.

Alors quand Novak Djokovic a jugé, mercredi matin, que «ces conditions extrêmes» lui semblaient «difficiles à appliquer», l'Américaine Danielle Collins (WTA 51) n'a pas tardé à répliquer. «@Djokernole, je vois une grosse contradiction entre tes propos du jour et ton projet de fonds de solidarité pour les joueurs classés au-delà du Top 250. Nous n'avons pas pu jouer depuis février. [Cet US Open] est une opportunité immense de regagner enfin de l'argent. Et voilà les meilleurs du monde qui nous disent que c'est trop difficile de venir avec un seul accompagnant... Si la situation sanitaire est sûre, on devrait tous soutenir cette solution. C'est trop facile pour quelqu'un qui a gagné 150 millions de dollars en carrière d'essayer de dire aux gens ce qu'ils devraient faire de leur argent puis de refuser de participer à l'US Open.»

Quelques jours plus tôt, le Britannique Daniel Evans (ATP 28) avait en substance tenu le même discours dans une interview à la BBC. «Je ne crois pas que la restriction du nombre d'accompagnants soit une si grosse contrainte. La majorité des joueurs ne voyage pas avec des physios et des préparateurs physiques comme Novak. Donc cet argument ne me semble pas valable, hormis pour les meilleurs.»

Or, après le retrait de Roger Federer (blessure) et les doutes de Rafael Nadal («Si l'US Open commençait demain, je n'irais pas»), les critiques de Novak Djokovic, Nick Kyrgios et Serena Williams constituent une forme de lobbyisme puissant en faveur d'une annulation. Et c'est bien cette posture - considérée comme un manque de solidarité - qui irrite une bonne partie du ventre mou du circuit.

Mathieu Aeschmann

Ton opinion