ArmementUSA et Russie modernisent leur arsenal nucléaire
Les deux anciens ennemis de la guerre froide réduisent leur arsenal atomique en nombre, mais le modernisent.

Barack Oabam et Dmitry Medvedev ont signé un nouveau traité de réduction de l'armement nucléaire, en 2010 à Prague. Bilan 6 ans plus atrd: le nombre d'armes a été réduit, mais elles sont plus modernes. (Image - 8 avril 2010)
Les États-Unis et la Russie, premières puissances nucléaires de la planète, continuent de réduire leurs arsenaux atomiques, mais à pas comptés et tout en modernisant leurs capacités, a indiqué lundi l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).
Neuf pays (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord) possèdaient 15'395 têtes nucléaires début 2016, dont 4'120 étaient déployées, selon les chiffres annuels du Sipri. Début 2015, leur nombre était de 15'850.
«Les stocks d'armes nucléaires déclinent depuis le pic de 70'000 têtes nucléaires observé au milieu des années 1980. Ce déclin est dû avant tout aux réductions effectuées dans les arsenaux russes et américains», notent les chercheurs Shannon Kile et Hans Kristensen.
Ces réductions résultent de trois traités signés depuis 1991, ainsi que de décisions unilatérales des deux seules superpuissances nucléaires mondiales.
Les réductions se tassent
«Cependant, le rythme des réductions semble ralentir par rapport à il y a une décennie et ni la Russie ni les États-Unis (...) n'ont réalisé de réduction significative dans leurs forces stratégiques depuis (...) le nouvel accord START» sur le déasarmement entré en vigueur en 2011, souligne le Sipri.
La Russie était dotée d'environ 7'290 têtes nucléaires début 2016, les États-Unis de quelque 7'000, soit 93% de l'armement atomique planétaire estimé. Venaient ensuite la France (300), la Chine (260), le Royaume-Uni (215), le Pakistan (110-130), l'Inde (100-120), Israël (80) et la Corée du Nord (10, données incertaines pour ce pays).
Pas d'abandon
«Aucun» de ces États légalement reconnus au sens du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de 1968 «n'est prêt à renoncer à son arsenal nucléaire dans un futur proche», note le Sipri, les États-Unis et la Russie ayant même lancé de «grands et coûteux programmes de modernisation nucléaire».
A noter que, outre la Corée du Nord, deux pays frontaliers et rivaux augmentent leurs capacités : d'un côté l'Inde, qui muscle sa force de frappe intercontinentale et accélère sa production de plutonium, de l'autre le Pakistan, qui cherche à contrecarrer la supériorité des forces conventionnelles de l'Inde.
«L'arsenal nucléaire pakistanais pourrait augmenter de façon significative au cours de la prochaine décennie», prévient le Sipri.
Au total, déplore l'institut, «les perspectives d'un réel progrès dans le désarmement nucléaire (à l'échelle internationale) restent sombres».